Deux Israéliens reconnus coupables d'avoir brûlé vif un Palestinien

JUSTICE La justice a toutefois suspendu son verdict concernant l'instigateur présumé du meurtre...

20 Minutes avec AFP

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Le corps de Mohammed Abu Khdeir, le 4 juillet 2014, à Jérusalem. L'adolescent de 16 ans a été brûlé vif par trois Israéliens le 2 juillet 2014.
Le corps de Mohammed Abu Khdeir, le 4 juillet 2014, à Jérusalem. L'adolescent de 16 ans a été brûlé vif par trois Israéliens le 2 juillet 2014. — Mahmoud Illean/AP/SIPA

Deux juifs israéliens ont été reconnus coupables ce lundi, par un tribunal de Jérusalem, d’avoir tué un jeune Palestinien. Mohammad Abu Khdeir, 16 ans, avait été brûlé vif le 2 juillet 2014. Ce crime avait participé à l’escalade des violences menant à la guerre de Gaza. Dans un climat de tensions toujours vives, ce procès, qui a débuté en juillet 2014, est très suivi.

Doute sur la responsabilité pénale de l’instigateur de l’assassinat

Le magistrat a estimé que les trois accusés avaient bien enlevé et tué le jeune homme. La cour a toutefois décidé de s’accorder un délai supplémentaire pour se prononcer sur l’état mental de Yosef Haim Ben David, seul majeur des meurtriers au moment des faits. Ses deux complices avaient à l’époque 16 ans et demi. 

Le tribunal déterminera le 20 décembre si cet homme de 31 ans, considéré comme l’instigateur et le principal exécutant de ce meurtre, est ou non pénalement responsable.

Un délai mal accueilli par les Palestiniens

Les peines des trois accusés seront fixées le 13 janvier prochain. Pour certains Palestiniens, ce contretemps est une nouvelle preuve de la complaisance de la justice israélienne vis-à-vis des auteurs de crimes israéliens. « Le tribunal traite les Arabes d’une manière et les juifs d’une autre », a dit à l’audience le père de Mohammad Abou Khdeir, Hussein, pour qui ce coup de théâtre dans la procédure est un « crime affreux ».

Pour le mouvement islamiste Hamas, la cour a « innocenté » le principal accusé, preuve « du racisme de l’occupant et de l’impunité qu’il accorde aux crimes des colons ».

Le meurtre de Mohammad Abou Khdeir avait provoqué de violentes manifestations, dans un contexte où les tirs de roquettes de la bande de Gaza sur Israël et les raids israéliens sur le territoire gouverné par le Hamas se multipliaient. Peu après, la plus dévastatrice des trois guerres qu'a connu la bande de Gaza en six ans débutait.