Le pape à Bangui pour réconcilier la Centrafrique

DIPLOMATIE Les services de renseignements français ont déconseillé au pape d’accomplir un programme qui le fait visiter plusieurs lieux à risque...

20 Minutes avec AFP

— 

Le pape François (c) à son arrivée à Bangui, le 29 novembre 2015
Le pape François (c) à son arrivée à Bangui, le 29 novembre 2015 — GIANLUIGI GUERCIA AFP

Porteur d’un message de paix et de réconciliation, le pape François est arrivé dimanche à Bangui, placée sous haute protection des forces internationales, pour l’étape la plus risquée de sa tournée africaine, dans une Centrafrique en proie à des violences interreligieuses.

L’avion du souverain pontife a atterri vers 10h à l’aéroport de la capitale centrafricaine, aux abords duquel des dizaines de milliers de déplacés se sont installés pour fuir les violences et chercher la protection des Casques bleus et des soldats français de l’opération Sangaris qui y sont basés.

Sur le boulevard menant de l’aéroport au centre de Bangui, un imposant dispositif de sécurité était déployé pour protéger le cortège du pape.

Menaces.

L’opportunité de maintenir ou non la visite, alors que la situation n’est pas du tout apaisée dans la capitale centrafricaine entre miliciens Séléka (majoritairement musulmans) et anti-Balaka (chrétiens), à quelques semaines de la date prévue des élections, a été discutée jusqu’au dernier moment.

Les services de renseignements français avaient ainsi déconseillé au pape d’accomplir un programme qui le fait visiter plusieurs lieux à risque. Mais François a fait savoir qu’il ne comptait rien annuler. Les Casques bleus (10.900 hommes au total à travers le pays) et le contingent militaire français (900) comme la police centrafricaine quadrillent Bangui.

«Pardon»

La présidente centrafricaine de transition Catherine Samba-Panza a demandé «pardon» devant le pape.

«Il revient aux filles et aux fils de ce pays de reconnaître leurs fautes et demander un pardon sincère que votre bénédiction transformera en un nouveau levain pour la reconstruction du pays», a-t-elle dit, en recevant François au Palais présidentiel.