Avion russe abattu: L'ambassade turque à Moscou attaquée sur fond de tension diplomatique

CONFLIT L’équilibre diplomatique semble de plus en plus ténu entre les deux Etats...

H.S. avec AFP

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Des manifestants russes devant l'amabssade turque à Moscou, le 25 novembre 2015
Des manifestants russes devant l'amabssade turque à Moscou, le 25 novembre 2015 — KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Ni escalade, ni accalmie. Au lendemain du crash d’un avion militaire russe par l’armée turque, l’équilibre diplomatique entre les deux pays semble particulièrement fragile.

Pas de guerre, pas d’escalade

Après la colère de Vladimir Poutine qui évoquait mardi un « coup de de poignard dans le dos », son ministre des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov a tenté de temporiser en assurant que la Russie « ne fera pas la guerre » à la Turquie.

« Nous avons de sérieux doutes sur le fait qu’il s’agisse d’un acte spontané, cela ressemble beaucoup à une provocation planifiée », a-t-il estimé lors d’une conférence de presse. Côté turc, le président Recep Tayyip Erdogan s’est voulu apaisant et a déclaré mardi que son pays n’a « absolument aucune intention de provoquer une escalade après cette affaire ».

Le ministre russe des Affaires étrangères a également annoncé avoir discuté « environ une heure » avec son homologue turc, Mevlut Cavusoglu. Le ministre turc a « tenté de justifier les décisions de l’armée de l’air turque » en affirmant que l’avion russe « a volé au total 17 secondes dans l’espace aérien turc », selon M. Lavrov. Pour autant, « cette attaque est totalement inacceptable », a déclaré M. Lavrov, ajoutant que Moscou allait « sérieusement réévaluer » les relations entre les deux pays.

L’un des deux pilotes, qui ont pu s’éjecter avant le crash, a été tué par des rebelles syriens avant de toucher le sol, selon Moscou. Le second a pu être ramené à sa base au terme d’une opération menée par les forces syriennes et des troupes russes, d’après le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Cet accrochage, le plus grave survenu depuis le début de l’intervention militaire russe en Syrie fin septembre, a provoqué une grave crise entre Ankara et Moscou.

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L’ambassade turque visée par des manifestants

Dans le même temps, plusieurs centaines de manifestants ont jeté des pierres et brisé des vitres de l’ambassade de Turquie à Moscou. Les manifestants, quasiment tous des hommes âgés de 20 à 30 ans, se sont réunis en début d’après-midi devant l’ambassade de Turquie où ils ont crié des slogans hostiles au président turc Recep Tayyip Erdogan, sous le regard de la police qui n’est pas intervenue.

Des bouteilles mais aussi des avions en papier ont été lancés sur l’ambassade, certains manifestants portant des pancartes sur lesquelles était écrit « La Turquie va rester sans gaz » ou « Coup de poignard dans le dos », reprenant les mots du président russe Vladimir Poutine. Les manifestants, qui étaient au moins 500 selon le photographe de l’AFP sur place, ont également brandi des drapeaux russe et syrien devant l’ambassade, située dans le centre-ville de Moscou.

Selon la radio indépendante Ekho Moskvy, citant des témoins oculaires, une dizaine de manifestants ont été arrêtés par les forces de l’ordre.