Fièvre aptheuse: un labo peut-être à l'origine de la contamination

avec AFP

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Une origine scientifique? Deux jours après la découverte d'un foyer de fièvre aphteuse dans le sud-est de l'Angleterre, l'enquête sur l'origine du virus semblait se concentrer dimanche sur un site de recherche médicale animale, situé à quelques kilomètres seulement de l'exploitation affectée.

Le virus de la fièvre aphteuse
a été identifié vendredi par les services vétérinaires britanniques au sein d'une exploitation située près du village de Normandy, dans le comté du Surrey, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Londres.

Le site de Pirbright, situé à seulement cinq kilomètres de cette exploitation, est occupé par l'Institut de la santé animale (IAH), organisme public, et Merial Animal Health, un laboratoire pharmaceutique spécialisé dans les maladies animales.

«Souche utilisée pour un vaccin»

«C'est une piste prometteuse mais nous ne sommes pas sûrs», a déclaré dimanche sur BBC News24 Hilary Benn, ministre de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (Defra). La veille, son ministère avait annoncé que la souche du virus était «très semblable» à celle utilisée à Pirbright. «Elle a été utilisée dans une préparation (de vaccin) fabriquée en juillet 2007 par le laboratoire de Merial», avait-il ajouté.

L'Institut de la santé animale (IAH) a nié dimanche toute faille de sa sécurité. Le virus détecté est «très proche» d'une souche de 1967 conservée par le laboratoire, mais «nous l'avons utilisé de manière limitée dans le laboratoire au cours des dernières quatre semaines», a souligné son directeur, le professeur Martin Shriley.

Merial a pour sa part suspendu par précaution la préparation de vaccins. Son implantation britannique fait partie des quatre laboratoires autorisés par l'Union européenne «à manipuler le virus aphteux vivant pour la production de vaccins». Les autres sont à Lyon (France), Cologne (Allemagne) et Lelystad (Pays-Bas).

Crainte d’une épidémie chez les éleveurs

En attendant c’est la panique chez les éleveurs outre-manche, qui se rappelle avec effroi l’épidémie de fièvre aphteuse de 2001. Plus de 6 millions de bêtes avaient été tuées. Les autorités britanniques ont élargi la zone de protection autour du site infecté pour y inclure le site de Pirbright, avec une zone de surveillance de 10 km de rayon. En France aussi on se protège contre cette maladie animale extrêmement contagieuse.

Elles ont poursuivi dimanche leurs appels à la «prudence» et incité la population, et surtout les éleveurs, à rester vigilants pour identifier le plus tôt possible d'éventuels signes de la maladie sur les animaux à risque.

L’Europe se protège

Les ongulés sont particulièrement exposés au virus, notamment les bovins, les ovins et les porcins. Une vaccination «pourrait être une option. Nous ne l'écartons pas», a dit la ministre Hilary Benn. La Grande-Bretagne a suspendu samedi toutes les licences d'exportation de ces trois familles d'animaux ainsi que leurs produits dérivés (carcasse, viande, lait).

La Commission européenne entérinera lundi cette décision et de nombreux pays dans le monde ont déjà mis en place des restrictions plus ou moins sévères à l'importation de viande britannique.