Attentat en Tunisie: L'état d'urgence réinstauré dans une ambiance sous tension

TERRORISME Un couvre-feu a également été proclamé sur le Grand Tunis...

20 Minutes avec AFP

— 

Des policiers bloquent le quartier où a eu lieu un attentat dans un bus, à Tunis, le 24 novembre 2015.
Des policiers bloquent le quartier où a eu lieu un attentat dans un bus, à Tunis, le 24 novembre 2015. — FETHI BELAID / AFP

L’état d’urgence a été réinstauré ce mardi soir en Tunisie après la mort d’au moins 12 agents de la sécurité présidentielle dans un attentat contre leur bus en plein centre de la capitale.

L’explosion, qui s’est produite en fin d’après-midi près d’une des principales artères de Tunis, « est un acte terroriste. Il y a 12 martyrs », a affirmé Walid Louguini, le porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Vingt agents ont aussi été blessés, dont au moins un grièvement selon le ministère de la Santé. Tous les morts sont des membres de la sécurité présidentielle, selon les autorités.

Une réunion de sécurité mercredi

Dans une allocution télévisée en soirée, le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi, qui a annulé une visite d’Etat en Suisse, a annoncé que l’état d’urgence était réinstauré sur l’ensemble du territoire. Celui-ci avait été levé début octobre, quelque trois mois après l’attentat près de Sousse (38 morts).

Essebsi a également proclamé un couvre-feu sur le Grand Tunis « à partir de 21h et jusqu’à demain 5h ». Cette mesure sera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre », a indiqué le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui.

Une réunion du conseil de sécurité nationale est aussi prévue mercredi à 10h (9h GMT).

Tension extrême

Sur le site de l’attentat, près de l’avenue Mohamed-V qui a été bouclée, une journaliste de l’AFP a pu voir un bus en grande partie calciné. De nombreuses ambulances, les pompiers et les forces de l’ordre se trouvaient sur place, où régnait une tension extrême. Plusieurs journalistes ont été agressés par des policiers en civil qui refusaient leur présence sur les lieux.

« La plupart des agents qui se trouvaient dans le bus sont morts », a déclaré une source de sécurité sur place. Le ministère de l’Intérieur n’était pas en mesure de préciser combien de personnes au total se trouvaient à bord du véhicule.

Un employé de banque du secteur a affirmé avoir entendu « une forte explosion » et « vu le bus en feu ».

Le Premier ministre Habib Essid et le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli se sont rendus sur les lieux. 

Hollande condamne les faits « avec la plus grande fermeté »

La sécurité a été renforcée sur l’avenue Habib Bourguiba, située à proximité du lieu de l’explosion et où se trouve notamment le ministère de l’Intérieur.

Ce nouvel attentat intervient en plein festival international de cinéma --les Journées cinématographiques de Carthage (JCC)-- dans le centre de la capitale.

Son directeur Ibrahim Letaïef a exprimé le souhait des organisateurs de poursuivre mercredi. « C’est la seule manière de répondre à ces actes barbares », a-t-il déclaré.

A l’étranger, l’attentat a été condamné « avec la plus grande fermeté » par le président français François Hollande. « A Tunis comme à Paris, c’est le même combat pour la démocratie contre l’obscurantisme », a-t-il affirmé.

«La démocratie tunisienne est de nouveau attaquée, c'est la raison pour laquelle nous devons la défendre et comprendre que toutes les démocraties sont aujourd'hui dans la cible du terrorisme quel qu'il soit, et notamment de Daesh, a déclaré Manuel Valls sur le plateau du Petit journal sur Canal+.