Belgique: « C’était lourd de rester enfermée toute la journée », témoigne une habitante de Bruxelles

TEMOIGNAGE «20 Minutes» a recueilli le témoignage d'une Bruxelloise, confinée chez elle avec ses deux enfants...

T.L.G.

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Bruxelles, sous haute sécurité, e 22 novembre 2015. 
ALAY SARAH/SIPA
Bruxelles, sous haute sécurité, e 22 novembre 2015. ALAY SARAH/SIPA — ALCALAY SARAH/SIPA

Une ville au ralenti. Bruxelles vit lundi son troisième jour consécutif d’alerte terroriste maximale. Face à la menace, les écoles sont fermées, les métros à l’arrêt et les forces de l’ordre mobilisées. « La vie doit continuer à Bruxelles, la vie économique et la vie sociale », a toutefois estimé le ministre de l’Intérieur Jan Jambon. 20 Minutes a recueilli les témoignages d’habitants de la capitale belge.

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« C’était lourd de rester enfermée toute la journée »

Noémie Jaffrot, 37 ans, est Française. Elle habite à Bruxelles avec son mari et ses deux enfants, âgés de 5 et 2 ans. Samedi, en fin de matinée, elle apprend que le risque d’attentat est « imminent ». « On n’avait pas de programme bien défini, on aurait pu aller au parc avec les enfants ou simplement se balader, mais au final on est restés cloîtrés à la maison ».

Noémie Jaffrot sort malgré tout, pour faire quelques courses. « C’était lourd de rester enfermée comme ça toute la journée ». Dans les rues, tout est très calme. « J’étais étonnée de ne pas voir de famille. Il n’y avait que des petits groupes, de jeunes adultes ou de couples. Il n’y avait pas de circulation et personne dans le tram. J’ai croisé trois équipes de police, de 5 agents, dans trois rues différentes ». Noémie Jaffrot hâte le pas. « Je n’avais pas spécialement peur, mais je ne m’attardais pas, j’allais à l’essentiel ».

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Le couple décide de parler des attentats à leur fils. « On a été assez choqués de ce qui s’est passé à Paris. C’était notre quartier, là où on vivait avant de venir en Belgique. Le plus grand a compris que ça nous touchait beaucoup… On a dû lui expliquer les attentats. Il nous disait : "Je ne veux pas aller dans un pays qui est en guerre". Comme on ne sortait pas, il se posait des questions. On a dû lui dire que les méchants étaient à Paris mais aussi ici à Bruxelles. C’est pour ça qu’on ne pouvait pas bouger ». Plus tard, l’enfant construira des armes en lego pour « attaquer les méchants ».

« On essaye de ne pas trop les angoisser, ou de nous angoisser. Dimanche, on a mis de la musique et on s’est mis à danser, pour que les enfants puissent sortir leur énergie, et se coucher tôt ». Le couple apprend ce soir-là que les écoles seront fermées le lendemain. « On a réussi à s’organiser. Comme les universités sont fermées, notre nounou était disponible ».

Pour aller travailler ce matin, Noémie Jaffrot a pris la voiture. « Dans les rues, il y avait des équipes de militaires et policiers, tous les 100 mètres, mais j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de gens dehors ». La mère de famille salue les contrôles de sécurité qui se mettent en place, mais reste pragmatique face à la menace. « Bien sûr, on y pense depuis les attentats à Paris. On regarde les gens, les gens nous regardent. La menace est un peu en chacun de nous, on met un peu plus de sécurité dans les moments de la vie, on ne s’attarde pas, on ne flâne pas, on réfléchit à son itinéraire, on ne va pas dans les lieux ou il y a beaucoup de monde. Mais de toute manière, on ne peut pas faire beaucoup plus ».