La fièvre aphteuse de retour en Grande-Bretagne

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Une interdiction des déplacements du bétail sur tout le territoire de la Grande-Bretagne a été imposée en raison de la découverte d'un foyer de fièvre aphteuse, a annoncé vendredi le ministère de l'Environnement.
Une interdiction des déplacements du bétail sur tout le territoire de la Grande-Bretagne a été imposée en raison de la découverte d'un foyer de fièvre aphteuse, a annoncé vendredi le ministère de l'Environnement. — Adrian Dennis AFP/Archives

Une interdiction des déplacements du bétail sur tout le territoire de la Grande-Bretagne a été imposée en raison de la découverte d'un foyer de fièvre aphteuse, a annoncé vendredi le ministère de l'Environnement.

Le Premier ministre Gordon Brown a écourté ses vacances qu'il passe dans le Dorset (sud-ouest de l'Angleterre) et doit regagner Londres samedi pour faire face à la crise.

«Au niveau national, aucun mouvement d'animaux n'est permis, sauf autorisation spéciale», a indiqué un porte-parole du ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales.

La mesure concerne aussi les transports de carcasses. «Toutes les fermes doivent renforcer les niveaux de biosécurité», a indiqué le ministère.

Le ministère a annoncé qu'un cas de fièvre aphteuse avait été détecté dans une ferme près de Guilford, dans le Surrey, au sud-ouest de Londres. Tout le bétail de la ferme doit être abattu.

Cellule de crise

A la suite d'une enquête sur un cas suspect dans une exploitation proche de Guildford, dans le Surrey, «les résultats obtenus en laboratoire ont indiqué ce soir que la fièvre aphteuse est présente dans des échantillons provenant du bétail de cette exploitation», a déclaré un porte-parole du ministère.

«Sur la base des résultats initiaux du laboratoire, Debby Reynolds, le vétérinaire en chef britannique, a confirmé la fièvre aphteuse», a-t-il dit.

Cette annonce a été précédée par une réunion du Cobra, la cellule de crise du gouvernement britannique, à laquelle Gordon Brown a participé par téléphone.

Un porte-parole de Downing Street a indiqué que le Premier ministre présidera samedi une nouvelle réunion du Cobra.

«Notre principale priorité est de prévenir l'extension de la maladie pour protéger le bétail. Les plans sont testés et bien établis», a déclaré le porte-parole.

Hilary Benn, secrétaire à l'Environnement, en vacances en Italie, doit également regagner Londres.

L'UE va interdire les exportations

Selon un ministre du gouvernement britannique, interrogé samedi par la BBC, l'Union européenne va interdire les exportations d'animaux et de produits dérivés en provenance de Grande-Bretagne.

Une zone d'exclusion temporaire d'un kilomètre de rayon, une zone de protection de trois kilomètres et une zone de surveillance de dix kilomètres ont été décrétées autour de la ferme affectée.

En 2001, la Grande-Bretagne avait été frappée par une épidémie de fièvre aphteuse dévastatrice qui avait coûté 8 milliards de livres (16,3 milliards de dollars, 11,9 milliards d'euros).

2.000 cas de la maladie avait été détectés dans les fermes du pays. Le tourisme et l'agriculture avaient été profondément affectés par les mesures de prévention (fermeture de routes) prises à l'époque pour éviter la propagation de la maladie.

Tim Bonner, porte-parole la Countryside Alliance, la puissante association de la défense de la chasse et du terroir, a déclaré: «Les fermiers dans le pays prient et espèrent que ce cas est un cas isolé et que la maladie ne se propagera pas.» «On espère qu'on a tiré les leçons de 2001, qui, a-t-il ajouté, fut pas seulement un désastre pour les fermiers mais pour toute l'économie rurale.»

«Si on ferme la région comme en 2001, alors que la période touristique bat son plein, cela pourrait être un désastre pour des milliers d'entreprises dont l'activité est liée au tourisme et à l'agriculture», a averti Tim Bonner.

France
Le ministère de l’Agriculture a annoncé samedi un recensement de toutes les introductions de bovins, ovins, caprins ou porcins en provenance du Royaume-Uni au cours des dix derniers jours, et l’interdiction de tout rassemblement de ces espèces «dans l’attente de ce recensement».

Le ministère a alerté l’ensemble des services départementaux français, et notamment les services vétérinaires, pour qu’ils procèdent au recensement, indique-t-il dans un communiqué.
Les services vétérinaires sont appelés à procéder à la «visite des exploitations concernées en vue d’écarter toute suspicion clinique de fièvre aphteuse».