Mali: L'hôtel attaqué à Bamako passé au peigne fin par les enquêteurs

TERRORISME Deux jours après la prise d'otage qui a coûté la vie à au moins 21 personnes vendredi...

Romain Scotto

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Des équipes de secours et des soldats maliens devant l'entrée de l'hôtel Radisson Blu à Bamako le 20 novembre 2015
Des équipes de secours et des soldats maliens devant l'entrée de l'hôtel Radisson Blu à Bamako le 20 novembre 2015 — HABIBOU KOUYATE AFP

Après l’attaque sanglante contre l’hôtel Radisson Blu à Bamako, les enquêteurs passaient l’établissement au peigne fin à la recherche d’indices sur l’attaque qui a fait officiellement une vingtaine de morts, indiquant travailler sur « plusieurs pistes ».

« Nous sommes sur plusieurs pistes », a déclaré une source policière malienne, ajoutant que « des objets récupérés » à l’intérieur de l’hôtel « donnent des indications », sans toutefois lever le voile sur leur nature. Trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attaque - revendiquée par le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, « avec la participation » d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) - sont « activement » recherchées, selon une source de sécurité malienne.

« Nulle part dans le monde aujourd’hui, on n’est à l’abri de ces barbares »

Quarante-huit heures après le raid meurtrier mené dans cet hôtel chic fréquenté par des diplomates, hommes d’affaires et autres expatriés, des mesures de sécurité ont été renforcées aux abords des grands hôtels, ont constaté des journalistes de l’AFP. Un renforcement de sécurité plus discret était également visible devant des mairies d’arrondissement et des banques.

« Nulle part dans le monde aujourd’hui, on n’est à l’abri de ces barbares d’un autre temps », avait déclaré samedi le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à l’issue d’une visite au Radisson Blu. « La valeur vie leur est inconnue, (…) vous comme nous devrons faire attention. », avait-il dit.

Le bilan en question

Le Radisson Blu a été attaqué vendredi matin par des hommes armés qui y ont retenu quelque 170 clients et employés. Les forces maliennes sont intervenues, avec l’appui de forces de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), de la France et des Etats-Unis, pour libérer plusieurs dizaines d’otages.

Selon un bilan « définitif » du gouvernement malien, l’attaque a fait 19 morts - 18 clients et un gendarme des forces spéciales maliennes - et deux assaillants ont été tués. Dans un communiqué publié samedi, la Minusma a parlé d’un bilan global de « 22 personnes tuées, dont deux assaillants » ainsi que de « six blessés graves et de nombreux blessés légers ».

Deux sources maliennes, une militaire et une policière, ont de leur côté fait état à l’AFP de 27 morts, sans compter les assaillants. Jusqu’à dimanche en milieu de journée, quatorze étrangers étaient identifiés parmi les morts : six Russes, trois Chinois, deux Belges, une Américaine, un Sénégalais et un Israélien, selon des autorités de leurs pays respectifs.

Le président sénégalais Macky Sall, également président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), est arrivé dimanche à Bamako pour une visite de quelques heures pour, a-t-il expliqué à sa descente d’avion, témoigner son soutien au Mali après ces « événements inqualifiables ».