Le dur retour au pays des soldats britanniques

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Les forces britanniques et irakiennes ont tué 20 activistes et blessé une quarantaine de personnes lundi dans le sud de l'Irak, dans une opération menée contre des miliciens chiites soupçonnés de bénéficier d'une aide logistique d'agents iraniens.
Les forces britanniques et irakiennes ont tué 20 activistes et blessé une quarantaine de personnes lundi dans le sud de l'Irak, dans une opération menée contre des miliciens chiites soupçonnés de bénéficier d'une aide logistique d'agents iraniens. — Essam Al-Sudani AFP/Archives

Après la guerre, c’est encore la guerre. Des milliers de vétérans britanniques revenus d’Irak, du Kosovo, d’Afghanistan ou de Sierra-Leone souffrent de troubles psychologiques croissants, d’alcoolisme et de problèmes familiaux, selon une étude publiée jeudi par le «British Medical Journal» cité par le «Guardian». Les chercheurs soulignent que plus les hostilités se prolongent, plus elles provoquent d’effets secondaires sur les soldats.

Les scientifiques du Kings College de Londres ont étudié le cas de 5.547 vétérans ayant servi plus de treize mois à l’étranger en moins de trois ans. Soit le maximum autorisé par la «directive harmonie» appliquée par le gouvernement. Une limite décriée comme trop lourde par l’opposition qui demande un retrait des troupes d’Irak.

Parmi les militaires ayant servi treize mois en l’espace de trois ans, presque un sur quatre connaît de sévères problèmes d’alcoolisme. Contre seulement 10% des soldats déployés pendant moins de cinq mois.

Problème d’acclimatation

«Etre déployé pendant treize mois engendre largement plus de problèmes à la maison» d’après les militaires, explique Nicola Fear, un des auteurs de l’enquête. Peut-être parce que les soldats ne passent pas assez de temps chez eux pour s’acclimater à la vie civile, avance le chercheur.

Cette étude renforce l’argumentaire de ceux qui pensaient déjà que les forces britanniques sont trop sollicitées sur de trop nombreux fronts autour du globe. Le gouvernement a répondu que la grande majorité des troupes est en opération durant moins de sept mois sur trois ans.