Le drapeau russe flotte dans les eaux du pôle Nord

GEOPOLITIQUE Un acte plus politique que scientifique...

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Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la "bombe climatique": le réchauffement planétaire déjà à l'oeuvre et, surtout, à venir.
Près de 500 scientifiques du monde entier se réunissent lundi à Paris pour livrer leur diagnostic sur la "bombe climatique": le réchauffement planétaire déjà à l'oeuvre et, surtout, à venir. — AFP/NASA/Archives

Le temps des explorateurs n’est pas fini. Des bathyscaphes russes se sont «posés» jeudi à 4.261 m de profondeur à la verticale du pôle Nord et y ont planté un drapeau russe en titane. L’expédition «Arctique 2007» est présentée par Moscou comme pionnière. Un acte qui rappelle la façon dont les conquistadors espagnols ont pris possession du Nouveau monde. Et que les Etats-Unis et le Canada ont choisi de dénigrer.

... A venir sur 20Minutes.fr, l’interview d’un spécialiste de la Russie


L’expédition sous-marine russe, composée de deux sous-marins de poche baptisés Mir-1 et Mir-2 ont effectué une mission de neuf heures. Le premier bathyscaphe a atteint le sol marin après deux heures de descente, y prélevant des échantillons et de l’eau à des fins scientifiques. Et y a planté le drapeau russe. Le deuxième module a continué son chemin pour atteindre des grands fonds de l’océan Arctique à 4.302 m.

Avant de partir, le chef de l’expédition, Artour Tchilingarov, avait déclaré que «l’Arctique est à nous et nous devrions y montrer notre présence». Signe de l’importance politique de cette exploration sous-marine, Vladimir Poutine a appelé en personne les scientifiques pour les féliciter.

Du pétrole et du gaz

Mais ces territoires sont aussi convoités par le Canada et les Etats-Unis. Il n’y a pas que de la glace au-delà du cercle polaire, mais aussi du pétrole et du gaz en quantité. 25% des réserves mondiales d’or noir se cacherait sous la calotte polaire, selon l’agence américaine de géologie et de géophysique. Pour l’instant, ce trésor n’appartient à personne, selon le droit international.

Le Canada a ainsi ironisé en déclarant que la démarche russe relève «du spectacle». Même ton à Washington: «Je ne sais pas s'ils ont planté un drapeau métallique, un drapeau en plastique ou couvert le fond de l'océan avec un drap. Mais cela n'a aucune signification», a assuré un porte-parole du département d’Etat américain.