Attentats à Paris: La population de Raqqa, le «fief de Daesh», vit dans l’attente des bombardements

SYRIE Les civils redoutent de payer le prix des attentats revendiqués par les djihadistes...

M.C.

— 

Des habitants de Raqqa le 24 décembre 2014.
Des habitants de Raqqa le 24 décembre 2014. — STR / RMC / AFP

Depuis vendredi soir, ils vivent dans l'attente des bombardements. La population civile de Raqqa, le «fief de Daesh en Syrie», savait que la réponse française ne tarderait pas après les attentats perpétrés à Paris, qui ont fait au moins 129 morts. Dès dimanche soir, dix chasseurs-bombardiers ont en effet largué 20 bombes sur la région de Raqqa, un raid renouvelé dans la nuit de lundi à mardi.  

>> Attentats de Paris: Suivre la situation en direct

Avant le raid de dimanche, Daesh avait évacué une grande partie de la ville en prévision des frappes, et les habitants, qui vivent sous l’autorité du groupe, se préparaient aux bombardements, selon un membre du groupe d'activistes anti-Daesh «Raqqa est massacré en silence». « Après les attentats de Paris, la plupart des civils s’attendaient à une action militaire [de la France], ils savaient que quelque chose allait se passer », confie-t-il à Vice News. Il ajoute que les habitants « craignent qu’il n’y ait des morts ».

>> A lire aussi: «Les frappes de l'armée française à Raqqa sont symboliques»

«Optimisme prudent»

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), «il y a eu au moins 36 explosions » dimanche à Raqqa, certaines causées par des frappes aériennes, d'autres par des explosifs», qui n’ont pas fait de victimes civiles. Ce que confirme à l’Agence France-Presse Abou Mohamed, un autre membre de «Raqqa est massacré en silence», qui est la principale source d’informations dans cette région étroitement contrôlée par les djihadistes. Ces activistes rapportent que l’une des frappes françaises a visé le lieu où était détenue l’otage américaine Kayla Mueller, tuée en février.

Alors que le bilan humain des nouvelles frappes françaises de mardi n’est pas encore connu, Tim Ramadan, également membre du groupe anti-Daesh, évoquait lundi un « optimisme prudent » au sein de la population. « Les familles parlent des raids aériens et sont maintenant persuadées que la réponse française sera contre Daesh, et non contre les habitants de Raqqa », déclare-t-il à Vice News.

« Les frappes de la coalition sont beaucoup plus précises que les frappes russes, qui sont comme celles du régime, indiscriminées », juge un habitant de Raqqa contacté par l’agence Reuters. Alors que de nouvelles frappes sont encore attendues, les « 30 à 40% » de la population qui n’ont pas fui la ville, selon un autre résident, continuent à redouter le pire.