Attentats de Paris: La moitié des gouverneurs américains s'opposent à l'accueil des réfugiés syriens

ETATS-UNIS Ils disent craindre qu'un éventuel terroriste ne se cache parmi eux...

M.C. avec AFP
Une conférence de presse à Washington pour appeler à l'accueil de davantage de réfugiés syriens, le 16 septembre 2015.
Une conférence de presse à Washington pour appeler à l'accueil de davantage de réfugiés syriens, le 16 septembre 2015. — BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

Les attentats de Paris alarment les gouverneurs des Etats-Unis. Près de la moitié des 50 Etats du pays s'opposaient lundi à l'accueil des réfugiés syriens, au risque de faire l'amalgame entre «réfugiés» et «terrorisme» dénoncé par le président Barack Obama.

25 out of 50: Half the nation's governors announce their state will refuse #SyrianRefugees https://t.co/jo0PZs9ivd pic.twitter.com/s3a8QD5whh
— Polly Mosendz (@polly) November 17, 2015

Principalement dans le sud et le centre des Etats-Unis, de l'Ohio au Texas, plus de vingt gouverneurs, presque tous républicains, mais aussi des candidats à la Maison Blanche et d'influents membres du Congrès ont annoncé ne plus vouloir accueillir de réfugiés syriens, de crainte qu'un éventuel terroriste ne se cache parmi eux.

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«La compassion humanitaire américaine pourrait être exploitée»

Le président de la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants, Michael McCaul, a appelé lundi Barack Obama à suspendre l'accueil de réfugiés syriens, organisé «sans respecter la sécurité des Américains». Un appel auquel s'est joint l'Etat de l'Oklahoma (sud).

«Un "réfugié" syrien semble avoir participé aux attaques terroristes de Paris. La compassion humanitaire américaine pourrait être exploitée pour exposer les Américains à un danger mortel similaire», a de son côté expliqué Greg Abbott, gouverneur du Texas (sud). Dans une lettre à Barack Obama, il a annoncé qu'il n'«accepterait pas de réfugiés de Syrie».

BREAKING: Texas will not accept any Syrian refugees & I demand the U.S. act similarly. Security comes first. https://t.co/uE34eluXYd
— Greg Abbott (@GregAbbott_TX) November 16, 2015

«Evaluer les risques»

Le gouverneur du Mississippi (sud), Phil Bryant, a lui dénoncé une politique «extrêmement dangereuse», tout comme celui de l'Alabama (sud). La Louisiane, l'Arkansas, le Tennessee, la Georgie, l'Idaho, le Kansas, le Maine, la Caroline du Nord, l'Ohio, le Wisconsin et l'Arizona refusent désormais d'accueillir ces réfugiés. Le gouverneur du Massachusetts s'est lui déclaré «pas intéressé par l'acceptation de réfugiés de Syrie», suivi par son homologue de Caroline du Sud.

Le gouverneur de Caroline du Nord s'explique sur Twitter:

My 1st priority is to protect the people of NC. That is why I am requesting federal gov’t cease sending Syrian refugees to our state #ncpol
— Pat McCrory (@PatMcCroryNC) November 16, 2015

Les Etats n'ont pas les moyens de s'opposer à des financements fédéraux en matière d'installation des réfugiés. Le gouverneur de Floride (sud-est), Rick Scott, a donc réclamé au Congrès des «mesures agressives et immédiates» afin de bloquer tout financement fédéral d'installation de Syriens en attendant d'«évaluer les risques».

Ils «abandonnent nos idéaux et à la place projettent nos peurs sur le monde»

Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) s'est indigné des positions de ces «gouverneurs qui rejettent ceux qui fuient la guerre et la persécution, abandonnent nos idéaux et à la place projettent nos peurs sur le monde». Suzanne Akhras Sahloul, directrice de l'organisation d'aide aux réfugiés Syrian Community Network a confié à l'AFP être «profondément déçue par (son) pays». «Qu'est-ce qui nous arrive pour que nous fermions maintenant nos portes aux gens qui échappent au terrorisme, aux traumatismes et à la mort ?», s'est-elle demandée.

Les Etats-Unis ont annoncé début septembre qu'ils allaient accueillir 10.000 réfugiés syriens d'ici octobre 2016, contre 1.800 seulement depuis 2011.

Plusieurs candidats républicains à la présidentielle, dont Donald Trump, Jeb Bush ou encore Marco Rubio ont également estimé que les Etats-Unis ne devaient pas accueillir de réfugiés syriens.

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Pour le président Obama, «il est très important que nous ne fermions pas nos coeurs aux victimes d'une telle violence». Depuis la Turquie, le président américain a appelé à «ne pas faire de lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme». Sur l'autre moitié des Etats américains, six restent prêts à ouvrir leurs portes.