Attentat de Karachi: La DST aurait-elle menti pour accréditer la thèse islamiste?

ENQUETE Le témoignage déclassifié d’un ancien agent relancerait l’affaire…

R.S. avec AFP

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Les locaux de la DGSI (anciennement DST) à Levallois-Perret.
Les locaux de la DGSI (anciennement DST) à Levallois-Perret. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Treize ans après l’attentat de Karachi, qui avait coûté la vie de 15 personnes, dont 11 ouvriers français de la Direction des constructions navales, l’enquête pourrait être relancée par un témoignage clé. Il s’agit de celui d’un certain « Verger », que le quotidien Le Monde a pu consulter ce vendredi 13 novembre.

Comme le témoignage d’autres ex-agents de la direction de la Surveillance du territoire (DST), celui-ci a été déclassifié. Il accréditerait la thèse d’un règlement de compte politico-financier. Et non celle d’un attentat islamiste. La piste d’une attaque menée en représailles à une décision de mettre un terme au versement des commissions, prise par Jacques Chirac, est donc relancée.

Le rôle opaque d’Ali Ben Moussalem

L’ancien agent de la DST confirme ainsi qu’un certain Ali Ben Moussalem, aujourd’hui considéré comme un personnage clé de l’affaire, avait bien travaillé avec l’agence de surveillance française. Mort en 2004, en Suisse, cet intermédiaire saoudien « se trouve au cœur de l’argent noir des gros contrats d’armement conclus par les balladuriens avant la présidentielle de 95 pour la vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie saoudite », indique France Inter qui diffuse également l’information.

Après la victoire de Jacques Chirac en 1995, une partie de « l’argent noir » de ces contrats est réorientée, échappe à Ben Moussalem, qui aurait pu vouloir se venger. Le journal Le Monde le présente comme un « cheikh saoudien à la tête d’un réseau d’intermédiaires - dont faisait partie Ziad Takieddine. » Pour les partisans de la thèse politico-financière, ses accointances avec les services secrets pakistanais et la mouvance terroriste en font un suspect potentiel. Selon Le Monde, des valises auraient été échangées entre ce personnage et « Verdier » qui aurait été remercié au nom de la France « qui le lui rendra ».