Etiquetage européen: Israël suspend une série de dialogues avec l'UE

RETORSION «Compte tenu de la dernière décision de l’UE, Israël suspend son dialogue diplomatique avec elle dans plusieurs forums qui devaient avoir lieu au cours des prochaines semaines», a affirmé le ministère israélien des Affaires étrangères...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un étal de marché au Shuk HaNamal Market de Tel Aviv, le 27 mars 2015.
Illustration d'un étal de marché au Shuk HaNamal Market de Tel Aviv, le 27 mars 2015. — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA

La réponse ne s’est pas fait attendre. Israël a indiqué ce mercredi que ses diplomates ne participeraient pas à un certain nombre de réunions avec l’Union européenne (UE), en réaction à l’approbation par l’UE de l’étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés. « Compte tenu de la dernière décision de l’UE, Israël suspend son dialogue diplomatique avec elle dans plusieurs forums qui devaient avoir lieu au cours des prochaines semaines », a affirmé le ministère israélien des Affaires étrangères.

Après l’approbation de l’UE, Israël avait immédiatement dénoncé la mesure, avertissant qu’il aurait des « implications politiques » et convoqué le représentant de l’UE dans le pays. En début d’après-midi, le chef du gouvernement de droite, Benyamin Netanyahou, a jugé que « l’Union européenne devrait avoir honte » de cette mesure, estimant que « l’étiquetage des produits de l’État juif par l’Union européenne réveille de sombres souvenirs », invoquant le spectre de l’antisémitisme nazi.

Une « mesure discriminatoire » prise pour des « raisons politiques »

« Alors qu’il y a des centaines de conflits territoriaux à travers le monde, (l’UE) a décidé de s’en prendre seulement à Israël, alors qu’Israël combat le dos au mur contre une vague de terrorisme », a regretté le Premier ministre, actuellement en visite chez son allié américain. Selon le gouvernement israélien, cette « mesure discriminatoire » prise pour des « raisons politiques » va compliquer encore le processus de paix avec les Palestiniens, au point mort depuis le printemps 2014.

« La position de l’UE sur les colonies est très claire. Elles sont illégales au regard du droit international. (L’étiquetage) n’y change rien. Je ne pense pas qu’il affectera notre rôle à l’avenir » dans les négociations de paix, a commenté une source de la Commission.

Face à la colère du gouvernement israélien, les Palestiniens ont eux salué un « pas dans la bonne direction », quoiqu’« insuffisant ». Le Comité national palestinien pour le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’Etat hébreu, qui monte en puissance, s’est réjoui de la décision « qui montre que les gouvernements européens réagissent à l’opinion publique, aux campagnes de la société civile comme à l’intransigeance israélienne ». « Cela dit, mettre en place quelques étiquettes sur un petit nombre de produits israéliens n’est pas une réponse à la mesure des crimes de guerre israéliens continus », a souligné Mahmoud Nawajaa, le coordinateur général du BDS palestinien.