Pour une majorité de Français, développer l'électricité en Afrique limiterait les migrations vers l'Europe

SONDAGE «20 Minutes» publie en exclusivité un sondage réalisé par OpinionWay pour Energies pour l’Afrique…

Laure Cometti

— 

Des éoliennes au Kenya.
Des éoliennes au Kenya. — TONY KARUMBA / AFP

Trois personnes sur quatre n’ont pas accès à l’électricité sur le continent africain, ce qui représente environ 650 millions d’Africains. Un défi auquel veut s’attaquer l’ancien ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, reconverti dans le plaidoyer pour le développement de l’accès à l’énergie en Afrique. À l’occasion du sommet de La Valette sur la crise migratoire européenne, et à quelques semaines de la COP21, le père du Grenelle de l’Environnement fait campagne pour l’électrification du continent, qui aurait selon lui des conséquences sur l’immigration, l’économie, la stabilité politique. Selon un sondage réalisé par OpinionWay pour Energies pour l’Afrique*, révélé en exclusivité par 20 Minutes, une majorité de Français approuve ce projet.

Combler un retard économique

D’après ce sondage, 70 % des Français estiment que l’électrification du continent « permettrait de limiter les migrations de populations vers le continent européen ». Ils sont un peu plus nombreux, 80 %, à penser que cela « permettrait à l’Afrique de combler son retard économique ».

L’accès à l’électricité en Afrique
Create your own infographics

 

Limiter les départs vers l’Europe

Une majorité des sondés estime que l’électricité est un préalable à la santé (79 %), à l’accès à l’eau potable (78 %) et l’éducation (70 %). Jean-Louis Borloo est satisfait de ces chiffres, qui prouvent selon lui que « les Français savent qu’il ne faut pas séparer les problèmes ». Pour l’ancien ministre de l’Ecologie, installer l’électricité en Afrique permettra de doper le développement économique du continent, créer de l’emploi et donner de meilleures conditions de vie aux Africains.

Avec pour conséquence des candidats à l’émigration vers l’Europe moins nombreux, mais aussi davantage d’opportunités économiques pour la France, qui a récemment cédé sa place de quatrième pays exportateur vers l’Afrique, devancé d’un rang par l’Allemagne, note Antoine Glaser fondateur et ancien directeur de La Lettre du Continent.

« Un continent aux pays sans frontières »

Si 83% des sondés estiment qu’il est urgent de lancer un grand plan d’électrification du continent africain, ils sont toutefois un peu moins nombreux (76%), à affirmer que cette tâche incombe à la communauté internationale, souligne Antoine Glaser. Quant au développement de l'accès à l'électricité, il ne peut résoudre seul les questions migratoires selon le spécialiste. « L’Afrique est un continent aux pays sans frontières », souligne-t-il. 

«La volonté politique est la clé», en ce qui concerne le développement de l'électricité. Il en sera question lors du sommet de La Valette qui réunit à Malte des chefs d’Etats européens et africains pendant deux jours à compter de ce mercredi.

* Sondage OpinionWay pour Energies pour l’Afrique réalisé auprès d’un échantillon de 1015 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 et plus, et constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto administré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées les 28 et 29 octobre 2015.