Qui est Marzieh Afkham, la première femme ambassadrice nommée par l'Iran?

Diplomatie Une première pour un poste de ce niveau depuis la révolution islamique de 1979...

20 Minutes avec AFP

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L'ambassadrice d'Iran en Malaisie, le 1er septembre 2013 à Téhéran.
L'ambassadrice d'Iran en Malaisie, le 1er septembre 2013 à Téhéran. — Ahmad Halabisaz/CHINE NOU/SIPA

Une femme a été nommée ambassadrice d’Iran en Malaisie, une première pour un poste de ce niveau depuis la révolution islamique de 1979, annonce dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Marzieh Afkham, 50 ans et diplomate de carrière depuis près de trente ans, était porte-parole du ministère des Affaires étrangères depuis 2013, année de l’élection du président modéré Hassan Rohani. « Choisir Afkham comme ambassadrice a pris quelques minutes, mais choisir son successeur a pris quatre mois », a ironisé M. Zarif lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs à Téhéran, selon l’agence officielle Irna.

« Faire avancer la société iranienne »

Première femme porte-parole de la diplomatie iranienne, elle sera remplacée à ce poste par un homme, Jaber Ansari. Mme Afkham « a accompli avec succès sa mission pendant plus de deux ans », a affirmé M. Zarif. « Elle a réussi à agir avec dignité, courage et une vision particulière » dans une période où la diplomatie iranienne était particulièrement regardée « par l’opinion publique ».

Marzieh Afkham a de son côté salué « le courage d’une telle décision, la confiance placée dans les femmes en leur donnant des responsabilités et l’occasion de faire avancer » la société iranienne. Après son élection, M. Rohani avait demandé à ses ministres de nommer des femmes à des postes importants et avait auparavant affirmé que « la discrimination ne serait pas tolérée » dans son gouvernement. Il a lui-même nommé trois femmes sur onze vice-présidents.

Désavantagées en cas de mariage, divorce ou héritage

Malgré un statut plus enviable que dans d’autres pays de la région, les Iraniennes font face à des lois qui les désavantagent dans les questions de mariage, de divorce ou d’héritage. Elles peuvent être députées, et même ministre, mais n’ont pas accès aux fonctions de juge et aucune n’a été autorisée à se présenter à l’élection présidentielle depuis 1979.