La Commission de l’Union africaine critique violemment Nicolas Sarkozy

AFRIQUE L’ex-président du Mali n’a pas apprécié son discours sur la colonisation...

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Les Nations unies et l'Union africaine (UA) se consultent cette semaine à New York pour tenter d'avancer vers le déploiement de forces de l'ONU au Darfour, sur fond de tension entre le Soudan et le Tchad après un accrochage meurtrier entre leurs armées.
Les Nations unies et l'Union africaine (UA) se consultent cette semaine à New York pour tenter d'avancer vers le déploiement de forces de l'ONU au Darfour, sur fond de tension entre le Soudan et le Tchad après un accrochage meurtrier entre leurs armées. — Gianluigi Guercia AFP/Archives

Si Nicolas Sarkozy a été applaudi jeudi à Dakar, son discours n’a pas du tout plu au président de la Commission de l'Union africaine (UA). Alpha Oumar Konaré, ancien président du Mali, a jugé vendredi que «ce discours n'était pas le genre de rupture qu'on aurait souhaitée. (...) Il rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque, surtout quant à l'appréciation sur les paysans que je n'approuve pas», a commenté Alpha Oumar Konaré.

«Cette page, nous ne la déchirerons jamais»

Nicolas Sarkozy avait déclaré que «le paysan africain ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès».

Le président de la Commission de l’UA a également réagi au rejet de toute repentance affiché par le président français Sarkozy au sujet de la colonisation, qu'il a toutefois qualifiée de «grande faute». «Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, je suis sûr que le président le sait, (...) personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains», a-t-il déclaré sur Radio France internationale, ajoutant : «Je le dis clairement, cette page, nous ne la déchirerons jamais (...)».

«Ce discours n’est pas nouveau»

A l'adresse des «jeunes d'Afrique», Nicolas Sarkozy avait affirmé que s'ils voulaient sortir de «l'arbitraire», de «la corruption», de «la violence», du «parasitisme» et du «clientélisme», c'était à eux «de le décider». «Cet appel à la jeunesse africaine est un appel important (...) mais ce discours n'est pas nouveau en Afrique. Beaucoup de dirigeants africains le tiennent, les jeunes africains le savent et beaucoup de ces jeunes depuis longtemps se battent», a réagi Alpha Oumar Konaré, tout en reconnaissant que Nicolas Sarkozy «avec raison, a mis à nu une responsabilité de l'Afrique».