Myanmar opposition leader Aung San Suu Kyi speaks during an election campaign rally of her National League for Democracy party for upcoming general election Sunday, Nov 1, 2015, in Yangon, Myanmar. Myanmar's general elections are scheduled for Nov. 8, the first since a nominally civilian government was installed in 2011. (AP Photo/Khin Maung Win)/MYN118/268523055806/1511011519
Myanmar opposition leader Aung San Suu Kyi speaks during an election campaign rally of her National League for Democracy party for upcoming general election Sunday, Nov 1, 2015, in Yangon, Myanmar. Myanmar's general elections are scheduled for Nov. 8, the first since a nominally civilian government was installed in 2011. (AP Photo/Khin Maung Win)/MYN118/268523055806/1511011519 — Khin Maung Win/AP/SIPA

LEGISLATIVES

Elections en Birmanie: Le parti d'Aung San Suu Kyi aux portes du pouvoir

La plupart des 30 millions de Birmans appelés à s’exprimer ce dimanche n’avaient jamais voté de leur vie…

Les Birmans ont participé dimanche en masse et dans le calme aux premières élections libres du pays en 25 ans, pour lesquellesl’opposante Aung San Suu Kyi est donnée favorite après des années de dissidence.

Aucun résultat définitif ne sera annoncé avant plusieurs jours, dans ce pays pauvre à l'administration défaillante, sans tradition électorale. La commission électorale a annoncé une participation de 80% des plus de 30 millions d'électeurs, selon les premières estimations.

Le dépouillement des bulletins battait son plein, mais les premiers résultats préliminaires ne devraient pas être annoncés avant lundi matin.

«Attendez les résultats chez vous. Et quand les résultats tomberont, je veux que vous les acceptiez dans le calme», a déclaré Aung San Suu Kyi, surnommée «Mère Suu» par de nombreux Birmans, dans un message lu à la foule venue, à la nuit tombée, devant le siège de son parti.

L’amour pour la « mère Suu »

Toute l’attention médiatique était tournée vers celle qui a passé plus de 15 ans en résidence surveillée et vote elle-même, à 70 ans, pour la deuxième fois dans son propre pays. Vêtue de rouge, couleur de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Aung San Suu Kyi a déposé son bulletin dans l’urne en début de matinée dans une école du centre de Rangoun, cernée par des médias du monde entier.

Acclamée par des partisans criant «victoire», Suu Kyi s'est rendue ensuite dans sa circonscription électorale de Kawhmu, à quelques heures de Rangoun, où elle espère se faire réélire à son poste de députée, décroché lors de législatives partielles en 2012 qui avaient été un raz-de-marée pour la LND.

Ce scrutin est aussi considéré comme un test du succès éventuel de la transition démocratique amorcée il y a quatre ans, avec l’autodissolution d’une junte ayant régné d’une poigne de fer depuis 1962. La plupart des 30 millions de Birmans appelés à s’exprimer ce dimanche n’ont jamais voté de leur vie. De nombreux électeurs exhibaient donc fièrement leur doigt coloré par l’encre, les plus jeunes faisant même des selfies ensuite rapidement partagés sur les réseaux sociaux.

« J’étais si inquiète de faire quelque chose de mal que mes mains tremblaient », explique Kay Khine Soe, vendeuse de poisson de 37 ans, électrice dans la circonscription de Suu Kyi. Et nombre de Birmans manifestaient tout l’amour qu’ils portaient à « mère Suu », le surnom de la lauréate du prix Nobel de la paix, dont les portraits ornent de nombreux foyers, au côté de son père, le général Aung San, héros de l’indépendance de l’ex-colonie britannique, assassiné en 1947.