Syrie: Daesh accusé d'avoir utilisé du gaz moutarde lors de combats

GUERRE Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, l'arme chimique venait «probablement de Turquie ou d'Irak»...

20 Minutes avec AFP

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La ville de Marea sous les bombardements, le 1er septembre 2015, en Syrie.
La ville de Marea sous les bombardements, le 1er septembre 2015, en Syrie. — ZAKARIYA AL-KAFI / AFP

L'organisation Etat islamique (EI) était pointée du doigt ce vendredi par des militants syriens après la confirmation par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) du recours pour la première fois à du gaz moutarde durant des combats en Syrie en août.

«Ce rapport arrive trop tard et n'est pas suffisant»

Les experts en armes chimiques de l'OIAC ont conclu, sans désigner de responsables conformément au statut de leur organisation, que du gaz moutarde avait été utilisé le 21 août à Marea, une localité syrienne frontalière de la Turquie et tenue par les rebelles.

Mais le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a affirmé ce vendredi à l'AFP que «l'État islamique a utilisé des gaz toxiques durant son attaque en août contre Marea». Présent à Marea le jour de l'attaque, Mamoun al-Khatib, un journaliste de Shahba Presse, une agence pro-rebelle, a indiqué à l'AFP par Internet: «Nous savions que c'était l'EI car tous les obus étaient tirés de l'est de Marea et cette région était complètement aux mains de l'EI».

Et pour un autre militant, Nazir al-Khatib, «ce rapport arrive trop tard et n'est pas suffisant, car il ne désigne pas l'EI comme le responsable des tirs de gaz moutarde».

«Pas de preuve absolue»

L'EI tentait depuis des mois de prendre Marea, considéré comme le plus important réservoir de rebelles et d'armes dans la province d'Alep (nord). Médecins Sans Frontières (MSF), qui à l'époque avait indiqué avoir soigné quatre civils d'une même famille exposés à des agents chimiques, a refusé de se prononcer sur les auteurs.

«MSF ne fait pas de commentaire tant qu'elle ne possède pas de preuve absolue sur l'identité des auteurs et nous ne les avons pas pour le moment», a affirmé vendredi à l'AFP un porte-parole, Yazan al-Saadi.

Reste l'origine de ce gaz moutarde. Pour Rami Abdel Rahmane, «il ne venait pas de Syrie mais probablement de Turquie ou d'Irak». En revanche, selon lui, l'EI s'était procuré du chlore dans des usines de la région d'Alep en 2014.

«Damas est censé avoir détruit tout son arsenal chimique»

Pour Nazir al-Khatib, soit l'EI compte dans ses rangs «des experts (formés sous) le régime de Saddam Hussein en Irak et qui l'ont aidé à obtenir ces produits» chimiques, soit le groupe extrémiste «les a obtenus dans les dépôts du régime à Palmyre», une ville du centre du pays entre les mains du groupe.

Damas est censé avoir détruit tout son arsenal chimique aux termes d'un accord américano-russe de septembre 2013 qui lui a permis d'éviter des bombardements occidentaux.