«SwissLeaks»: 6 ans de prison requis contre Hervé Falciani

JUSTICE Le procureur a demandé que l'ex-informaticien d'HSBC soit condamné pour espionnage économique...

T.L.G.
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Hervé Falciani, ancien employé de HSBC, le 28 octobre 2015, à Divonne-les-Bains
Hervé Falciani, ancien employé de HSBC, le 28 octobre 2015, à Divonne-les-Bains — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Hervé Falciani ira-t-il en prison ? Le procureur fédéral suisse Carlo Bulletti a requis vendredi une peine de six ans de prison ferme contre l’ex-informaticien de HSBC-Suisse, dont le procès en contumace se déroule devant le Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone (canton du Tessin).

Selon l’agence suisse ATS, le procureur a demandé que l’ex-informaticien soit condamné pour espionnage économique, vol de données, et violation du secret bancaire.

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« La construction du chevalier blanc », des mensonges

Pour le représentant du Ministère public de la Confédération, Hervé Falciani, un ressortissant franco-italien qui a refusé de rendre à son procès, n’est pas un lanceur d’alerte, comme il prétend l’être.

« Toute la construction du chevalier blanc n’est qu’un tissu de mensonges », a-t-il lancé au cours de son réquisitoire, qui a duré moins de trois quarts d’heure.

Le procureur Carlo Bulletti a énuméré les différentes phases de la présumée activité criminelle déployée par Hervé Falciani. Il a rappelé les premières phases, en 2006, d’acquisition et de préparation des données de la banque HSBC, qui était alors son employeur.

Pour le procureur, l’espionnage économique est avéré

Puis il a évoqué une seconde phase, en 2007, pendant laquelle l’ex-informaticien de la banque HSBC a tenté de commercialiser ces données et de les vendre. Tout d’abord à un contact qu’il avait établi en Arabie Saoudite, avant de s’approcher de banques libanaises, puis de transmettre les données à des services étatiques étrangers.

« Nous ne savons pas si Hervé Falciani s’est fait payer pour transmettre ces données à des services étatiques étrangers, mais ce n’est pas important » pour fonder une condamnation, a affirmé le procureur.

Pour le procureur, l’espionnage économique est avéré. Il a notamment relevé la durée de l’activité criminelle et la valeur des secrets trahis qui ont provoqué pour la Suisse par une crise diplomatique. Au vu des circonstances et de l’énergie criminelle déployée par l’accusé, le procureur a requis contre lui une peine de six ans de prison. Le procès se poursuit avec les plaidoiries des avocats de la partie civile.