Roumanie: La démission du Premier ministre ne calme pas les manifestants

SCANDALES Plus de 30000 personnes sont descendues dans les rues mardi et ce mercredi pour réclamenr «un profond changement»...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation contre les autorités en Roumanie, le 4 novembre 2015.
Manifestation contre les autorités en Roumanie, le 4 novembre 2015. — AFP

La démission du Premier ministre roumain Victor Ponta n’a en rien calmé les manifestants. Mercredi, plus de 30 000 personnes sont descendues dans les rues de la capitale Bucarest et de plusieurs autres grandes villes pour le deuxième jour consécutif. Traumatisés par le récent incendie dans une discothèque qui a fait 32 morts et près de 200 blessés, et excédés par une série de scandales, ils réclament un « profond changement » dans la classe politique.

« J’espère que la démission du gouvernement va satisfaire les gens qui étaient dans la rue », a malgré tout déclaré Victor Ponta dans une déclaration retransmise à la télévision. « Je ne peux que constater la colère légitime qui existe dans la société », a-t-il encore indiqué l’ex-Premier ministre social-démocrate. Accusé de faux en écriture, de complicité d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent du temps où il était avocat, il est sous pression depuis plusieurs mois. Le chef de l’Etat et l’opposition avaient à plusieurs reprises demandé son départ.

Son procès, dont une nouvelle audience préliminaire est prévue pour vendredi, doit débuter dans les semaines à venir, selon un porte-parole de la Haute Cour de justice.

Manquements à la réglementation

L’incendie dans la discothèque, fruit d’une longue série de manquements à la réglementation de la part des autorités locales selon les manifestants, s’est en outre produit une dizaine de jours après une autre affaire, qui a éclaboussé cette fois le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Gabriel Oprea.

« Les gens veulent un changement de système, les demi-mesures ne suffisent plus », a déclaré à l’AFP l’un des manifestants de ce mercredi, Marius Matache, un musicien. « Nos amis morts dans la discothèque Colectiv ont été tués par un système infâme. Cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a-t-il ajouté.

Pour le président conservateur Klaus Iohannis, « cette tragédie a touché le nerf le plus sensible de la nation », transformant l’indignation des Roumains en une « véritable révolte ».

Après une série de consultations, il se prononcera ce jeudi sur l’opportunité d’un gouvernement par intérim ou d’élections législatives anticipées.