Migrants: Selon Frontex, l’afflux n’a probablement pas «atteint son paroxysme»

IMMIGRATION 800.000 «entrées illégales» ont été dénombrées dans l'Union européenne depuis le début de l'année...

Thibaut Le Gal

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Des migrants venus de Turquie arrivent sur l'île grecque de Lesbos le 2 novembre 2015
Des migrants venus de Turquie arrivent sur l'île grecque de Lesbos le 2 novembre 2015 — ARIS MESSINIS AFP

Quelque 800 000 « entrées illégales » dans l’Union européenne ont été dénombrées depuis le début de l’année, a déclaré Fabrice Leggeri, le patron de l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex, au quotidien allemand Bild de mercredi.

Fabrice Leggeri, avertissant que l’afflux de migrants en Europe n’a probablement pas « atteint son paroxysme », appelle les Etats européens à placer en rétention les candidats malheureux à l’asile pour les renvoyer « rapidement » dans leur pays d’origine.

« Situation difficile dans les prochains mois »

Ce chiffre dépasse les dernières estimations du Haut-commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), mais le mode de comptage de Frontex permet de recenser la même personne plusieurs fois, avait précisé l’agence mi-octobre.

« Les Etats européens doivent se préparer à l’idée qu’une situation très difficile nous attend dans les prochains mois », alerte Fabrice Leggeri, rappelant que Frontex est chargée de la « surveillance » des frontières mais n’a pas le pouvoir de refouler les migrants.

Les hotspots, pas suffisants

Il a jugé que les « hotspots », centres d’accueil et d’enregistrement prévus sur les îles grecques et en Sicile, ne permettraient pas de résorber l’afflux de demandeurs d’asile, puisqu’ils ne permettent pas un « séjour prolongé » sur place.

« Celui qui est entré illégalement et n’a aucun droit à l’asile doit être rapidement renvoyé dans son pays », a insisté Fabrice Leggeri, estimant que l’UE a besoin « de structures d’accueil » où les migrants « doivent au besoin être enfermés ».

Le patron de Frontex appelle donc les Etats européens à « faire usage de manière plus conséquente » de leur droit, prévu par les textes européens, de placer en rétention « jusqu’à 18 mois » un étranger en situation irrégulière pour « organiser son retour ».