Canada: La vie dorée de Luka Rocco Magnotta en prison

INTERNATIONAL Plusieurs journaux canadiens ont publié des extraits de lettres que le dépeceur de Montréal a envoyé à ses amis depuis l’établissement Archambault, où il purge une peine de prison à perpétuité...

Bérénice Dubuc

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Photo d'archive de Luka Rocco Magnotta diffusée le 5 juin 2012 par la police de Montréal.
Photo d'archive de Luka Rocco Magnotta diffusée le 5 juin 2012 par la police de Montréal. — AP/SIPA

Depuis près d’un an qu’il purge une peine de prison à perpétuité pour avoir tué et démembré Jun Lin, un étudiant chinois en 2012, Luka Rocco Magnotta est devenu un écrivain prolifique. Dans plusieurs lettres, dont des extraits ont été publiés par les quotidiens canadiens Toronto Sun, National Post et The Gazette, le dépeceur de Montréal raconte à ses amis sa vie derrière les barreaux de l’Établissement Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines (Québec), à 40 minutes au nord-ouest de Montréal.

Et le programme est plutôt sympathique : smoothies, séance de bronzage en extérieur, soirées pizzas, un peu de sport (hockey, tennis, volley-ball), de la musique, des films, et même des soins du visage. « Nos portes sont ouvertes 90 % du temps, donc pour moi, c’est comme si j’étais sur un campus universitaire », écrit-il ainsi à un ami, à qui il précise qu’il travaille tous les jours de la semaine à la cuisine de la prison, et qu’il apprend le français parmi d’autres activités éducatives.

Album de Céline Dion et stéréo

Le meurtrier consacre le reste de son temps au sport, à la lecture et à la musique. « Je viens de m’acheter un album de Céline Dion et beaucoup d’autres. J’ai une stéréo et une radio portable que j’écoute quand je me fais bronzer à l’extérieur », écrit-il. Les services pénitentiaires canadiens n’ont pas souhaité commenter les écrits de Magnotta précisément, mais ont indiqué au Toronto Sun que les détenus étaient autorisés à utiliser certains équipements, comme des téléviseurs et des stéréos.

Dans le même quotidien, des photos de Magnotta, en vêtements décontractés et entouré d’autres détenus, sont également publiées.

Dans ses lettres, le détenu précise qu’il fait beaucoup d’exercice, notamment « en courant et en dansant », et que l’hiver dernier, il a pu « jouer dans la neige et faire un petit bonhomme de neige ». Une activité physique nécessaire selon lui, car la nourriture de la prison « est très, très bonne et est servie copieusement ». Le dépeceur de Montréal précise qu’il préfère les mets italiens et la glace. Il raconte également qu’il a reçu beaucoup de chocolats pour la Saint-Valentin, et que cela « ruine son régime ».

Fantasmes

Dans un registre plus personnel, le meurtrier fait également part de ses fantasmes concernant certains membres de la famille royale britannique ou des célébrités masculines de Hollywood. En mars, il racontait ainsi qu’il venait de regarder un documentaire sur la princesse Diana, et se demandait « comment ce serait de ba…. un membre de la famille royale (…) Je parie que Will et Harry savent très bien se servir des joyaux de la couronne lol. » Dans une autre lettre, il indique avoir vu une interview de l’acteur Chris Evans (Captain America), qu’il trouve « grave sexy », comme « Channing Tatum dans les films Magic Mike ».

Seule ombre au tableau pour le détenu : les médecins, qui ont une « obsession malsaine sur [sa] vie privée », et les gardiens de prison, qu’il traite « d’imbéciles » et « d’attardés ». Selon des sources citées par le Toronto Sun, Magnotta aurait récemment été transféré de cet établissement au niveau de sécurité moyen, à celle de Port-Cartier (à 845 km de Montréal), au niveau de sécurité maximum. Mais, selon un ami, le détenu apprécierait encore plus ses nouveaux pénates, l’établissement étant plus grand et comprenant donc plus de commodités.