Procès en appel : Oscar Pistorius, un homme ruiné devant la justice

AFRIQUE DU SUD L’ex-athlète, dont le procès en appel a lieu ce mardi, a tout perdu depuis le meurtre de sa compagne...

Nicolas Beunaiche

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Osctar Pistorius a été condamné il y a moins d'un an.
Osctar Pistorius a été condamné il y a moins d'un an. — AFP

Retour à la case prison pour Oscar Pistorius ? Deux semaines après la remise en liberté de l’ex-athlète, condamné à cinq ans de réclusion pour avoir tué sa compagne, les juges de la cour d’appel sud-africaine, qui réétudient son dossier ce mardi, pourraient bien renvoyer « Blade Runner » sous les verrous. Une décision que redoute évidemment l’ancien médaillé paralympique, qui a tout perdu depuis 2013.

Pour dissuader le parquet de faire appel, l’un des avocats de Pistorius, Barry Roux, a d’ailleurs tenté de jouer sur la corde sensible, en septembre dernier. Selon lui, son client n’aurait tout simplement pas la « capacité financière » de vivre un nouveau procès, compte tenu de l’argent qu’il a dépensé lors du premier. Or les juges de la cour d’appel, qui ne se prononcent pas sur le fond mais sur le droit, pourraient décider de renvoyer l’affaire devant la Haute Cour.

Ses sponsors ont fui depuis longtemps

L’argument financier semble difficile à avaler, quand on parle d’un multiple médaillé d’or aux nombreux sponsors, mais son représentant insiste : Oscar Pistorius est un homme « brisé », mais aussi « fauché ». Un élément pas vraiment nouveau. « Il n’a pas gagné un penny » depuis le drame, expliquait-il déjà lors du premier procès.

Et pour cause : tous ses partenaires commerciaux l’ont laissé tomber, un par un. Nike, Oakley, Thierry Mugler… Tous ont déguerpi, soucieux de ne pas associer leur image à celle d’un homme accusé de meurtre, à tort ou à raison. Soit un manque à gagner d’environ 3,5 millions d’euros par an, selon le Financial Times.

Problème : dans le même temps, les dépenses de Pistorius ont augmenté. Non pas en raison de son train de vie, mais tout simplement pour payer ses frais de justice. Selon The Telegraph, son équipe d’avocats et de conseillers lui aurait coûté environ 7 500 euros par jour durant le temps de la procédure, sans compter les différents experts recrutés pour prouver son innocence.

Une carrière sportive terminée

L’ancien sprinter a donc dû vendre certains de ses biens. A commencer par la maison dans laquelle est décédée Reeva Steenkamp, cédée pour 315 000 euros. Puis il a réduit son train de vie, en allant vivre dans la magnifique demeure de son oncle, avant son emprisonnement et depuis sa libération. Son dernier lien avec le grand train qu’il vivait avant la nuit de la Saint-Valentin 2013.

Quoi qu’il advienne au tribunal, Oscar Pistorius ne retrouvera probablement jamais le luxe qu’il a connu. Car outre sa fortune, l’ancien champion a sans soute aussi perdu définitivement son gagne-pain. D’après les règles du Comité international paralympique, un éventuel retour ne pourrait en effet pas avoir lieu avant 2019. Le Sud-Africain aurait alors 33 ans et un trou de six ans sur son CV.