Mer Egée: Le naufrage de deux bateaux de migrants fait au moins 22 morts

DRAME Le Premier ministre grec dénonce ce drame qui est une «honte» pour l'Europe...

20 Minutes avec AFP

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Un bateau de migrants au large de l'île de Lesbos, le 30 octobre 2015.
Un bateau de migrants au large de l'île de Lesbos, le 30 octobre 2015. — ARIS MESSINIS

Un nouveau drame au coeur de la Méditerranée. Deux naufrages de bateaux de migrants au large des îles grecques de Kalymnos et Rhodes ont fait au moins 22 migrants, dont 13 enfants, dans la nuit de jeudi à vendredi? Les deux bateaux venaient de Turquie, une nouvelle fois. 

Un drame qui a déclenché de fortes réactions en Grèce, Alexis Tsipras jugeant que ces naufrages attestent d'une «tragédie humanitaire», qui est une «honte» pour l'Europe.

Ces nouveaux drames s'ajoutent à une série de naufrages mercredi au larges de Lesbos et Samos, dont le bilan encore provisoire atteignait jeudi soir 17 morts dont 11 enfants. Pour le seul mois d'octobre, le bilan des victimes de l'exode vers l'Europe retrouvées dans les eaux grecques de l'Égée s'établissait à 68 morts, en majorité des enfants, selon un décompte établi par l'AFP sur la base des données fournies par la police portuaire grecque.

Frontex dans le viseur

Alexis Tsipras a réclamé de la part de l'UE «une condamnation officielle des choix (de certains Etats membres) d'ériger des murs et barrières et de fermer les frontières», évoquant la Hongrie, et plaidé pour l'ouverture de canaux légaux vers l'Europe pour les réfugiés face «aux réflexes phobiques et racistes».  Le Premier ministre grec a souligné l'urgence d'obtenir de la Turquie qu'elle «respecte ses engagements» en freinant les flux depuis son territoire et fait part de la volonté de la Grèce d'être un «maillon entre l'UE et la Turquie» sur ce dossier.

«Notre premier devoir est de sauver les vies, et de ne pas autoriser que l'Égée devienne un cimetière (...) pour cela nous ne réclamons pas un euro» aux partenaires du pays, a-t-il lancé, interpellé par l'opposition de droite lui reprochant une politique de portes ouvertes.

Sur les médias sociaux, les humanitaires présents sur ces îles multipliaient les critiques envers Frontex -l'Agence européenne de surveillance des frontières- dont les patrouilleurs déployés dans la zone étaient accusés d'un manque de réactivité.