François Hollande s'envole vers la Chine pour préparer la COP 21

DIPLOMATIE Le président français espère faire de la Chine l’un des fers de lance de la conférence sur le climat organisée en décembre à Paris…  

Delphine Bancaud

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Francois Hollande et le président chinois, Xi Jinping pendant le sommet du G20 à Brisbane , le 16 novembre 2014.
Francois Hollande et le président chinois, Xi Jinping pendant le sommet du G20 à Brisbane , le 16 novembre 2014. — ALAIN JOCARD / POOL / AFP

Pas question de renouveler le fiasco de la conférence climat de Copenhague en 2009, où les pays participants n’étaient pas parvenus à un accord pour enrayer le changement climatique. Un échec auquel la Chine avait largement contribué. Pour mettre toutes les cartes de son côté, la France, qui présidera la Cop 21 du 30 novembre au 11 décembre à Paris, a décidé d’anticiper les difficultés. C’est dans ce but que François Hollande effectuera un voyage en Chine lundi et mardi pour préparer le terrain.

«Acteur incontournable»

« L’idée est de mobiliser la Chine à la veille de la Cop 21, car c’est un acteur incontournable sur le climat. Ce voyage présidentiel est un geste symbolique fort qui va permettre d’embrayer ensuite sur la séquence politique », explique Pierre Cannet, responsable climat chez WWF France.

Pour donner plus de solennité à son déplacement, le président français sera accompagné de plusieurs ministres (Laurent Fabius, Ségolène Royal, Michel Sapin et Laurence Rossignol), d’une quarantaine de patrons et de personnalités (parmi lesquelles Nicolas Hulot, Jean-Jacques Annaud…).

Si la Chine est un pays central sur cette question, c’est tout d’abord parce qu’elle est le premier pollueur mondial avec 25 % des rejets de gaz à effet de serre. « Mais c’est aussi que ce pays a montré son envie d’avancer sur le sujet », souligne Pierre Cannet. Le pays du soleil levant a ainsi rendu sa contribution en juillet pour la Cop 21 dans laquelle il a fixé son pic des émissions de C02 autour de 2030 et où il a pris plusieurs engagements sur le sujet. Pour démontrer que la Chine s’est désormais inscrite dans une perspective de croissance verte, François Hollande visitera notamment la compagnie sino-française de traitements des eaux lors de son déplacement.

Montrer la voie à suivre aux autres pays

La Chine est aussi considérée par la France comme un pays pivot, au centre de gravité des négociations en vue d’aboutir à un accord mondial sur le climat. « Ce voyage sera l’occasion pour François Hollande de comprendre quelles sont les lignes rouges de la Chine sur le sujet et de discuter des actions qui peuvent être mises en œuvre avant 2020 », explique Pierre Cannet. Et si Paris parvient à s’entendre avec Pekin, cette dernière pourrait entraîner dans son élan d’autres pays en développement. En tant que chef de file du «groupe des 77» (qui rassemble les pays en développement), Pékin peut en effet exercer des pressions colossales sur ses partenaires à la conférence, en particulier sur l'Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre.

La France espère aussi convaincre la Chine d’introduire dans le futur accord de la Cop 21, une clause de révision, qui permettra de faire le point sur les avancées en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre tous les cinq ans et de « rehausser progressivement les ambitions des pays participants dans ce domaine », explique l'entourage présidentiel. Si les discussions entre les deux présidents sont fructueuses, elles aboutiront à une déclaration conjointe de François Hollande et de son homologue chinois Xi Jinping, lundi. « Cette allocution devra montrer comment la France et la Chine vont contribuer à la réussite de la Cop 21 », résume l’Elysée.

Et cerise le gâteau : « des annonces d’investissements chinois en France dans le domaine de la croissance verte devraient aussi être faites », explique l’entourage du président. Histoire de montrer que chercher à protéger la planète n’exclut pas de faire des affaires…