L'UE et le Kosovo ont signé un accord de stabilisation et d'association

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Le Premier ministre du Kosovo Isa Mustafa, à Berlin le 30 juin 2015
Le Premier ministre du Kosovo Isa Mustafa, à Berlin le 30 juin 2015 — Odd Andersen AFP

L'Union européenne et le Kosovo ont signé mardi à Strasbourg un accord de «stabilisation et d'association», la première étape sur le long chemin d'adhésion à l'UE pour cette ex-province serbe qui a déclaré son indépendance en 2008.

Le document a été signé dans l'enceinte du Parlement européen à Strasbourg par le Premier ministre kosovar, Isa Mustafa, son ministre à l'Intégration européenne, Bekim Collaku, et, côté européen, par le commissaire à l'Elargissement, Johannes Hahn, et la Haute représentante pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini.

L'accord, qui doit encore recevoir l'aval des eurodéputés, devrait entrer en vigueur dans la première moitié de 2016, selon un communiqué de la Commission.

Les 28 pays de l'UE avaient donné leur feu vert le 22 octobre à cette signature, qui intervient après deux ans de négociations, en dépit du fait que cinq pays européens (Espagne, Grèce, Chypre, Roumanie et Slovaquie) ne reconnaissent pas l'indépendance proclamée par le Kosovo en 2008.

L'accord de stabilisation et d'association (ASA) est une étape importante dans le rapprochement d'un pays vers l'UE. Il instaurera progressivement une zone de libre échange économique, et exige des réformes dans des domaines comme la gouvernance, l'état de droit, les droits de l'Homme et le système judiciaire, afin de les rapprocher progressivement des standards européens.

«Je suis convaincue que cela va apporter beaucoup de bonnes choses au peuple du Kosovo et à l'Union européenne, ainsi qu'à la stabilité et l'intégration de la région», a commenté Mme Mogherini.

- 'Vers une adhésion' -

«Aujourd'hui, nous entrons dans une relation contractuelle avec l'UE, ce qui représente un processus très important à nos yeux», s'est réjoui M. Mustafa tandis que son ministre Bellaku saluait «un moment vraiment historique».

«C'est un processus qui renforce la démocratie, l'état de droit, notre intégration économique, les reformes que nous devons faire sur le chemin vers une adhésion» à l'UE, a ajouté le Premier ministre kosovar.

«Nous ferons tout pour montrer que nous méritons cette étape très importante» et «nous espérons que la prochaine étape sera une libéralisation des visas» pour les Kosovars souhaitant faire de courts séjours dans l'UE, a-t-il souhaité.

Le commissaire Johannes Hahn se rendra dès la semaine prochaine au Kosovo. «Maintenant, le tout est de mettre en oeuvre» l'accord, a-t-il lancé, alors que les Européens regrettent en privé le manque de progrès de Pristina dans des domaines comme l'état de droit, la criminalité organisée ou la corruption.

«Notre chemin vers l'UE est désormais officiellement lancé. Personne ne peut l'arrêter», a assuré le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Kosovo, Hashim Thaçi.

La Commission européenne a exclu tout nouvel élargissement avant 2020, même pour les pays (Serbie, Macédoine, Monténégro, Albanie et Turquie) qui ont déjà entamé des pourparlers en vue d'une adhésion à l'UE.