43 ans après, la petite fille vietnamienne brûlée au napalm tente de soigner ses blessures au laser

PHOTO SYMBOLE Sa photographie, prise en 1972 lors du bombardement de son village par les Américains, est connue dans le monde entier...

M.C.

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En 1972, durant la guerre du Vietnam, Nick Ut photographie des enfants fuyant leur village bombardé au Napalm. Au centre, Kim Phuc, 9 ans, hurle de douleur, entièrement nue, après avoir retiré ses vêtements en flammes. Lancer le diaporama
En 1972, durant la guerre du Vietnam, Nick Ut photographie des enfants fuyant leur village bombardé au Napalm. Au centre, Kim Phuc, 9 ans, hurle de douleur, entièrement nue, après avoir retiré ses vêtements en flammes. — NICK UT/AP/SIPA

L’image de 1972, connue dans le monde entier, est devenue le symbole de la guerre du Vietnam. Kim Phuc, la petite fille alors âgée de neuf ans, fuit son village près de Saigon, au sud du pays, après un bombardement au napalm par l’armée américaine. Elle est nue, ayant arraché ses vêtements en feu.

Mais l’image ne montre pas les graves brûlures provoquées par la substance incendiaire et visqueuse, faite pour coller aux corps qu’elle touche. Kim Phuc, qui a aujourd’hui 52 ans et vit au Canada avec son mari, tente de soigner au laser ces cicatrices qui la font toujours souffrir, quarante-trois ans plus tard. « Pendant toutes ces années, je pensais que quand je serais au Paradis, je n’aurais plus ni cicatrices ni douleur. Mais maintenant… c’est le Paradis sur terre pour moi », confie-t-elle à l’agence Associated Press.

Brûlée sur plus d’un tiers du corps

Le mois dernier, Kim Phuc a entamé dans une clinique de Miami, spécialisée dans le traitement au laser des victimes de brûlures, une série de traitements destinés à adoucir et attendrir les cicatrices dont elle est recouverte, de la main gauche jusqu’au au cou et sur presque tout le dos. Le 8 juin 1972, elle été gravement brûlée sur plus d’un tiers du corps. A cette époque, la plupart des gens qui recevaient de telles blessures sur plus de 10 % du corps en mouraient, note le Dr. Jill Waibel, du Miami Dermatology and Laser Institute, auprès de AP.

Malgré les années et les douloureux exercices de rééducation effectués pour conserver sa liberté de mouvement, elle ne peut pas tendre le bras gauche autant que le droit, et le simple fait de porter son sac à main à gauche reste trop difficile. « Quand j’étais enfant, j’adorais grimper aux arbres, comme un singe », se souvient-elle. Mais « après avoir été brûlée, je n’ai plus jamais grimpé à un arbre. C’était devenu trop difficile. J’étais très, très, handicapée. »

Auprès d’elle pendant ce traitement qui doit durer plusieurs mois, son mari, avec qui elle a fui le Vietnam au début des années 1990, et un compagnon plus inattendu : Nick Ut, le photographe vietnamien de l’agence AP qui a pris le célèbre cliché pour lequel il a obtenu le prix Pulitzer. C’est lui qui l’a sauvée ce jour-là en la conduisant à l’hôpital. Depuis, ils sont restés proches et Nick Ut, qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis, dit la considérer comme sa fille. « Il est le début et la fin », dit Kim Phuc au sujet de celui qu’elle appelle « Oncle Ut ». « Il m’a prise en photo et maintenant il sera avec moi pour ce nouveau chapitre de ma vie. »