Migrants: L'Union européenne peine à calmer les tensions dans les Balkans

IMMIGRATION Les dirigeants de l'Union européenne et des pays des Balkans étaient réunis ce dimanche à Bruxelles pour un mini-sommet sur la crise migratoire...

20 Minutes avec AFP

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Des migrants sont escortés près de la frontière autrichienne, à Sentilj, en Slovénie, le 25 octobre 2015.
Des migrants sont escortés près de la frontière autrichienne, à Sentilj, en Slovénie, le 25 octobre 2015. — Gyorgy Varga/AP/SIPA

L’Union européenne (UE) reste désarmée face à la situation dans les pays des Balkans, qui ne cachent pas leur inquiétude concernant l’afflux de réfugiés à leurs frontières. Ce dimanche, un mini-sommet convoqué en urgence à Bruxelles réunissait les pays européens les plus exposés à cette crise migratoire. Mais l’UE peine à calmer les tensions et à concrétiser des solutions collectives à cette crise.

La Slovénie débordée

« Si nous ne prenons pas d’actions immédiates et concrètes sur le terrain dans les jours et semaines à venir, je pense que l’UE et l’Europe tout entière vont commencer à s’effondrer », a déclaré ce dimanche le Premier ministre slovène. La Slovénie, dont la superficie excède à peine 20 000 kilomètres carrés, a vu transiter plus de 60 000 migrants en dix jours. Le pays a reçu mercredi près de 13 000 personnes en une journée. Rapporté à sa population, cela représente « l’équivalent d’un demi-million de personnes arrivant en Allemagne en une journée. Ceci est absolument insupportable ! », a ajouté Miro Cerar.

La Commission européenne a proposé de dépêcher rapidement 400 douaniers européens en renfort dans ce pays exigu de deux millions d’habitants.

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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement de dix pays européens et de trois pays des Balkans 16 propositions censées « restaurer la stabilité de la gestion des migrations dans la région et ralentir les flux » à travers « une approche collective transfrontalière », selon un document obtenu par l’AFP. Il a également exhorté les pays des Balkans à rompre avec la « politique du laissez-passer ». Mais ces propositions pourraient bien rester lettre morte, tant les divergences subsistent entre les pays européens.

Beaucoup de divergences 

Ce mini-sommet était suivi dans la soirée d’un dîner de travail, mais les divergences étaient telles que les dirigeants pourraient finalement renoncer à publier des engagements d’actions communes, se contentant d’une déclaration en fin de réunion.

Illustrant les divisions entre les participants, une source européenne a reconnu que « beaucoup autour de la table (du sommet) ont pris des décisions qui affectaient les autres ».

« Au moins, nous avons eu l’occasion de nous parler, mais je ne suis pas certain que nous allons conclure quelque chose d’utile dans l’immédiat », a constaté le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic, qui a fait état de « petits pas » en avant.

Absence de coopération entre les pays

« Il faut s’attaquer à l’origine du problème, en Turquie et en Grèce », a lancé le Premier ministre croate Zoran Milanovic, tandis que de nombreux pays déplorent le fait que la Grèce, premier pays d’entrée dans l’UE, laisse passer chaque jour des milliers de migrants.

Le président de la Macédoine, Gjorge Ivanov, a ainsi espéré que « la Grèce va pleinement partager ses informations » à l’avenir. « A ce jour, la coopération a été au plus bas niveau entre la Macédoine et la Grèce, au niveau gouvernemental », alors qu'« il y a des jours où 10 000 migrants se présentent » à la frontière entre les deux pays.

La Grèce pas prête à accueillir un « hotspot » de 50 000 places

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s’est empressé de rejeter la responsabilité sur la Turquie, d’où les migrants embarquent pour gagner les côtes grecques en mer Egée sur des embarcations de fortune, qui « n’a pas été invitée ».

Pour le ministre luxembourgeois des Migrations Jean Asselborn, « les Grecs ne peuvent pas y arriver » seuls. Et « dans les Balkans, il n’est pas possible d’avoir seulement une perspective nationale en tête ».

Dimanche, le ministre grec à la Politique migratoire Ioannis Mouzalas a exclu, à la télévision locale, que son pays puisse créer un centre d’enregistrement et de tri (« hotspot ») de réfugiés de 50 000 places près d’Athènes, comme le demanderait Angela Merkel selon les médias. Selon une source européenne, le pays ne serait prêt à héberger qu'un camp d’accueil d’une capacité de 30 000 places.