Hollywood: Huit studios de cinéma poursuivis en justice par des sourds et malentendants

JUSTICE La « class action » concerne notamment Disney, Paramount ou Sony…

20 Minutes avec agences

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La maison de production américaine Paramount Pictures à Hollywood (Etats-Unis).
La maison de production américaine Paramount Pictures à Hollywood (Etats-Unis). — Lucy Nicholson afp.com

Disney, Paramount et Sony et cinq autres grandes sociétés de production de cinéma et audiovisuelle d’Hollywood sont accusés de discrimination par les personnes sourdes et malentendantes. La « class action », déposée cette semaine dans un tribunal de Los Angeles en Californie (Etats-Unis), leur reproche d’avoir commercialisé plusieurs films (ou séries) sans les sous-titres.

Les paroles des chansons n’auraient jamais été retranscrites

Le Parrain (1972), Avengers (2012), Les Minions (2015) ou encore des séries phare de Netflix comme Orange is the New Black ou House of Cards figurent parmi les productions épinglées et dans lesquelles, les paroles des chansons n’auraient jamais été retranscrites, alors que cela était à l’origine prévu.

« Pour les personnes qui sont sourdes ou dures d’oreille, les légendes et sous-titres sont essentiels à la compréhension d’un film ou d’un épisode. Si une partie du spectacle n’est pas légendée ou sous-titrée, ils ne peuvent pas suivre ce qui se dit et ils ne peuvent pas profiter de la culture populaire de la même manière que les personnes sans problème d’audition », déplore Meredith Sugar, présidente de l’association Alexander Graham Bell (AG Bell) pour les sourds et malentendants, l’une des parties.

Des DVD pleinement sous-titrés et « un dédommagement »

Les paroles des chansons sont souvent essentielles dans un film, renchérit John Stanton, qui estime que ce manque prive ces personnes d’une partie de l’expérience totale d’un film. « Entre autres choses, elles peuvent expliquer le postulat d’un programme, instaurer une ambiance, avoir une valeur comique, montrer du romantisme, émettre des commentaires politiques, instaurer un changement ou encore expliquer un contexte historique mieux qu’aucun dialogue habituel ne pourrait le faire », approfondit cet autre membre d’AG Bell.

>> A lire ici : Sony tente de se protéger des class actions aux Etats-Unis

De fait, alors qu’il « n’y a aucune excuse pour que les studios ne fournissent pas de sous-titres pour les paroles de chansons », dixit John Stanton, les plaignants demandent que les studios concernés soient contraints de commercialiser des DVD qui soient pleinement sous-titrés. Ils demandent également « un dédommagement », mais aucune précision n’a été apportée sur ce dernier point dans le document déposé au tribunal de Los Angeles.

Contactés par l’AFP, les studios concernés se sont montrés, ce jeudi, injoignables.