Les trois raisons de la visite de François Hollande en Grèce

CRISE GRECQUE Le président français sera en visite officielle à Athènes jeudi et vendredi...

Laure Cometti

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président français François Hollande, lors de l'inauguration du nouveau canal de Suez, en Egypte, le 6 août 2015.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président français François Hollande, lors de l'inauguration du nouveau canal de Suez, en Egypte, le 6 août 2015. — PHILIPPE WOJAZER/AP/SIPA

Le président François Hollande se rend ce jeudi après-midi à Athènes pour une visite d’environ 24 heures placée sous le signe de l’« amitié et de la confiance » franco-grecque, selon l’entourage présidentiel. Accompagné de quatre ministres et plusieurs parlementaires, le chef de l’Etat répond à une invitation du président grec Prokopis Pavlopoulos et du Premier ministre Alexis Tsipras. Au menu, une assistance technique pour soutenir Athènes dans la mise en œuvre des nombreuses réformes et d’éventuels contrats économiques.

Soutenir le gouvernement grec

Le président s’entretiendra jeudi avec le président grec et vendredi avec le chef du gouvernement, avant de prononcer à midi (11 heures à Paris) un discours à la Vouli, le Parlement grec. Lors des discussions tendues entre Athènes et l’Eurogroupe, cet été, François Hollande était l’un des plus fermes opposants du Grexit. Le 13 juillet dernier, après la signature de l’accord pour un plan d’aide européen, François Hollande avait salué le « choix courageux » d’Alexis Tsipras. Devant les parlementaires hellènes, il devrait saluer les réformes amorcées et encourager l’exécutif à respecter la feuille de route conclue entre Athènes et les créanciers européens, alors que la troïka est en train d’évaluer les premiers efforts grecs.

 

François Hollande et Alexis Tsipras scelleront dans une déclaration commune l’approfondissement des échanges de savoir-faire. Paris compte renforcer son assistance technique dans les domaines de la fiscalité, du système hospitalier et de la gestion des actifs publics.

>> A lire aussi : Pourquoi le gouvernement Tsipras 2 accélère la cadence

Favoriser les investissements français

François Hollande emmène également dans ses valises des entreprises françaises, attirées par les opportunités du programme de privatisations de 50 milliards d’euros. Sont encore à vendre : des autoroutes, des fournisseurs d’électricité, de gaz et d’eau et des complexes touristiques. Vinci, Alstom, Suez Environnement, Bic et Eren Groupe seront du voyage.

L’objectif de cette visite est d'« envoyer un message, en particulier aux entreprises françaises : venez investir en Grèce », a déclaré François Hollande dans une interview parue ce jeudi dans le journal Ekathimerini.

Le président rencontrera des représentants des groupes français implantés en Grèce qui emploient 12.000 personnes. La Grèce est un pays clé pour le commerce extérieur français, avec 1,5 milliard d’euros d’excédent en 2014, tandis que les investissements français représentent un dixième du total des investissements étrangers.

Envoyer un signal sur la question de la dette ?

La venue de François Hollande suscite bien des attentes dans les rangs de la coalition de gauche radicale Syriza, élue en janvier dernier sur un programme anti-austérité enterré par l’accord du 12 juillet 2015. Athènes a accéléré la cadence des réformes imposées par Bruxelles, dans l’espoir de pouvoir mettre sur la table la question de la renégociation de la dette.

« Le gouvernement espère le soutien d’Hollande en ce qui concerne la question des réformes et de la dette », titre Ekathimerini ce jeudi. Une déclaration forte de François Hollande dans ce sens pourrait déclencher des discussions sur la renégociation, espère-t-on à Athènes. La France jouera-t-elle à nouveau un rôle de synthèse entre la Grèce et l’Allemagne, qui ne veut pas entendre parler de renégociation de la dette ?