Depuis le 1er janvier 2015, une série d'incendies, d’origine criminelle, touche les foyers pour réfugiés de Suède, comme ici à Munkedal.
Depuis le 1er janvier 2015, une série d'incendies, d’origine criminelle, touche les foyers pour réfugiés de Suède, comme ici à Munkedal. — TheLocal/Twitter

SOCIETE

Réfugiés: Attaques en série contre des foyers en Suède

Ces incendies sont le signe extrême du rejet des demandeurs d'asile par une partie de la population...

L’incendie s’est déclaré dans la nuit de lundi à mardi à Munkedal, ville d’ordinaire tranquille de 10.000 habitants dans le sud-ouest de la Suède. Cette attaque est la dernière d’une série de sinistres d’origine criminelle (une quinzaine au total) qui touche les foyers pour réfugiés du pays depuis le 1er janvier.

Entre 9.000 et 10.000 nouvelles demandes d’asile par semaine

Alors que la Suède enregistre actuellement entre 9.000 et 10.000 nouvelles demandes d’asile par semaine (pour un total de 100.000 depuis le début de l’année), ces incidents ont réduit en cendres ou endommagé des centres d’accueil et des appartements dans lesquels vivent des migrants. A Munkedal, le feu n’a pas fait de blessé grave parmi les 14 résidents, même si certains ont été légèrement incommodés par la fumée. Ils ont été rapidement relogés.

 

 

Les enquêtes sont menées localement mais l’Office central de la police judiciaire (NOA) pourrait être saisi en cas de lien avéré entre différentes affaires, a indiqué ce mardi une porte-parole de ce service, Carolina Ekéus. Car dans une dizaine de cas, l’intention criminelle ne fait aucun doute.

Cocktails Molotov, croix chrétienne enflammée et Ikea

Le 19 juin, deux cocktails Molotov étaient ainsi projetés sur un bâtiment hébergeant des migrants. Le 16 août, une croix chrétienne était enflammée à proximité d’un foyer, et le même jour, un centre était évacué après la découverte d’un sac contenant du liquide inflammable. C’est dans ce foyer d’Arboga (centre) que résidait un Érythréen de 36 ans qui, trois jours auparavant, avait tué à l’arme blanche une femme de 55 ans et son fils de 28 ans dans un magasin Ikea, à Västerås.

 

>> A lire ici : La Suède, un eldorado pour des milliers de Syriens

 

« Ce n’est pas la Suède dont nous sommes fiers », a lâché, mardi, le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven, dénonçant un phénomène « grave et effrayant » et fustigeant « la rhétorique » anti-immigration qui « accroît les tensions ». Sans le nommer, le chef du gouvernement se fait ici l’écho des critiques à l’encontre du parti d’extrême droite des Démocrates de Suède, son président Jimmie Åkesson martelant que le royaume scandinave va vers son « effondrement, en termes de société, de cohésion et d’État-providence ».

 

 

« Un pays civilisé et humain comme la Suède ne peut accepter que les centres d’hébergement pour demandeurs d’asile soient la proie de pyromanes », a renchéri sur Twitter la ministre des Affaires étrangères, Margot Wallström.