Affaire de l'avion de chasse: La France convoque l'ambassadeur de Russie

DIPLOMATIE Paris demande des comptes à Moscou...

C.B. avec AFP

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L'’avion de chasse français Rafale 2. Illustration.
L'’avion de chasse français Rafale 2. Illustration. — FRANCOIS MORI/ AP / SIPA

Nouveau rebondissement dans l’affaire de l’avion de chasse. Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Russie à Paris pour exprimer son mécontentement. Retour sur une polémique en trois actes.

Acte 1 : La Russie tacle la France

La diplomatie russe avait convoqué lundi l’ambassadeur de France à Moscou pour lui signifier sa « profonde préoccupation » après qu’un avion de chasse identifié par elle comme appartenant à l’armée de l’air française s’est approché « dangereusement » de celui du président de la Douma russe en route pour Genève. Moscou avait même rédigé un communiqué dans lequel il déclarait : « Ce genre d’actions ternissent la possibilité d’utiliser la France comme lieu pour des rencontres multilatérales et pour des négociations ».

Acte 2 : La Suisse se dénonce

Problème : l’avion de chasse identifié comme étant français est en fait… suisse. Pour une bonne et simple raison : il s’agit d’un F618 et la France ne possède pas ce type d’appareil. Le ministère de la Défense suisse confirme dès lundi soir l’implication d’un de ses avions, Moscou demande des explications aux Suisses, la Suisse répond qu’il s’agit d’une banale procédure de « contrôle ». Rappelons que le président de la Douma Sergueï Narychkine figure depuis le début de la crise ukrainienne sur la liste des personnalités russes sanctionnées par l’Union européenne et par conséquent interdites de séjour sur son territoire.

Acte 3 : La France tacle la Russie

Moscou a beau s’être excusé par voie diplomatique à Paris, le ministère des Affaires étrangères ne compte pas en rester là. Il a donc convoqué Alexandre Orlov, l’ambassadeur de Russie à Paris. Ce dernier a été reçu par le secrétaire général du Quai d’Orsay, qui a déploré la convocation lundi de l’ambassadeur de France à Moscou « sur la base d’informations inexactes ». Paris avait déjà vivement réagi lundi aux accusations russes, dans un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères et de la Défense. Le porte-parole a repris les termes de ce communiqué déplorant que l’ambassadeur de France ait été « convoqué toutes affaires cessantes » sur la base de ces « accusations erronées ».