Qui est Justin Trudeau, nouveau Premier ministre et «Kennedy» canadien?

PORTRAIT Beau, bien né, habile communiquant: Justin Trudeau a séduit les Canadiens...

Coline Clavaud-Mégevand

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Justin Trudeau sa femme Sophie,  le 19 octobre 2015  à Montréal
Justin Trudeau sa femme Sophie, le 19 octobre 2015 à Montréal — NICHOLAS KAMM AFP

« Trudeaumania » : c’est le nom donné à la fièvre qui s’est emparée du Canada et a conduit à l’élection de Justin Trudeau, nouveau Premier ministre Canadien. Propulsé au sommet, ce jeune loup mérite plus que jamais son surnom de « Kennedy Canadien ».

Une ascension irrésistible
À 43 ans seulement, Justin Trudeau peut se targuer d’avoir remis le parti libéral sur les rails, remporté la majorité absolue des sièges des députés à la Chambre des communes canadienne et mis fin à neuf années de domination des conservateurs de Stephen Harper. Un parcours gagné à force d’entêtement : un temps ignoré par sa propre formation, il lui faudra attendre 2012 et la bataille pour la présidence du Parti libéral pour que Trudeau se révèle. Il remporte alors 80 % des voix du scrutin. Mais c’est lors de la campagne législative de 2015 que son talent politique éclate au grand jour. Charismatique, enthousiasme, portant un discours moderne sur des questions comme l’avortement et la légalisation du cannabis – dont il avoue avoir fait la consommation –, il galvanise les foules. Et se défait au passage de ses adversaires, qui lui reprochaient de n’être qu’un beau gosse sans expérience, profitant de son héritage politique.

Dans les pas du père
Cet héritage, Justin Trudeau a été tenté de le gommer, fuyant un temps l’ombre de son père, Pierre Elliott Trudeau, emblématique homme politique canadien élu par deux fois Premier ministre. C’est pourtant lors de ses funérailles en octobre 2000 qu’il fait son entrée sur la scène publique. L’éloge funèbre qu’il adresse à son défunt père – en présence de Fidel Castro et de Jimmy Carter – suscite tant d’émotions que le doyen de la politique canadienne déclare alors qu’on assiste peut-être « à la première manifestation d’une dynastie ». Au fil du temps, Trudeau junior s’affiche en effet comme le digne successeur de son père, dont il partage l’élégance vestimentaire et un capital sympathie important… mais surtout un sens politique hors du commun. Bien né, beau, accompagné de sa femme présentatrice télé et de leurs trois enfants, il s’impose logiquement dans les esprits comme le Kennedy canadien. Et joue habillement de cette image.

 

Le meme Trudeau
La maîtrise des médias de Trudeau impressionne, son caractère décomplexé étonne. Passionné de boxe, il fait par exemple le show en 2012 en affrontant sur le ring le sénateur conservateur Patrick Brazeau.

L’affrontement, qui vise à recueillir des fonds pour la lutte contre le cancer, est diffusé en direct à la télévision. Trudeau en ressort vainqueur par KO.

Omniprésent dans les médias traditionnels pendant la dernière campagne législative, il est également très actif les réseaux sociaux, au point de s’imposer comme un sujet de meme Internet.

Une stratégie de la mise en scène qui reste durement critiquée par ses opposants, mais qui a conduit le jeune loup Trudeau au sommet de la vie politique canadienne.