Trois Français disparus dans le crash à Sao Paulo

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Quatre enquêteurs européens et cinq experts d'Airbus ont été envoyés à Sao Paulo pour participer à l'enquête sur les causes du crash ont indiqué mercredi l'avionneur et le Bureau français d'Enquêtes et analyses (BEA).
Quatre enquêteurs européens et cinq experts d'Airbus ont été envoyés à Sao Paulo pour participer à l'enquête sur les causes du crash ont indiqué mercredi l'avionneur et le Bureau français d'Enquêtes et analyses (BEA). — Roberto Setton AFP

Deux Français étaient à bord lors du crash de l'airbus de la compagnie TAM, selon le ministère des Affaires étrangères. Par ailleurs, un troisième français, qui se trouvait sur les lieux de l'accident, est porté disparu.

C'est tout le Brésil qui était en deuil mercredi après le tragique accident d'un Airbus A320, avec 186 personnes à bord, qui s'est écrasé mardi soir contre un bâtiment de fret de la même compagnie, près de l'aéroport de Congonhas, en plein coeur de Sao Paulo.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le parquet fédéral du Brésil a annoncé qu'il réclamait la fermeture de l'aéroport de Congonhas, «tant que ne seront pas confirmées les conditions de sécurités et écartés les doutes soulevés par l'accident».

Le récit de l’accident c’est par ici.

L'atterrissage raté de l'Airbus a fait quelque 200 morts, selon les estimations des services de secours, dans ce qui est déjà considéré comme le plus grave accident de l'histoire de l'aviation brésilienne.

Des corps dégagés des débris de l’appareil

Il n'y a pas d'espoir de retrouver des survivants parmi les passagers et membres d'équipage littéralement carbonisés dans l'avion qui a explosé au moment de l'impact. Par ailleurs, au moment de l'accident, de nombreux employés de TAM Express étaient présents dans le bâtiment. Les autorités ont annoncé que le nombre de morts confirmés dans l'accident s'élevait à 140.

Le Département de la sécurité publique de Sao Paulo a déclaré à l'AFP que 137 corps avaient été dégagés des débris de l'appareil, et que trois personnes étaient décédées à l'hôpital. Onze blessés sont actuellement hospitalisés, dont plusieurs dans un état grave.

La sécurité de l’aéroport en cause

La presse et les spécialistes ont commencé à s'interroger mercredi sur la sécurité de Congonhas, l'aéroport situé en plein centre de Sao Paulo, réservé aux vols intérieurs mais qui connaît le plus intense trafic aérien d'Amérique latine avec une moyenne de 630 atterrissages et décollages quotidiens.

La veille encore, un avion de la compagnie Pantanal avec 21 passagers à bord, avait dérapé sur la même piste avant de s'arrêter sur le gazon, avec deux pneus éclatés.

L'hypothèse d'une erreur du pilote

Infraero, l'administration des aéroports brésiliens, a confirmé que la piste principale devait faire l'objet d'ici à la fin du mois de travaux de rainurage de la piste pour assurer une meilleure évacuation des eaux de pluie. Hors il pleuvait presque sans discontinuer depuis deux jours à Sao Paulo.

Selon le président d'un syndicat de contrôleurs aériens, Sergio Olivera, «les opérateurs de la tour de contrôle avaient averti que la piste devait être fermée parce qu'elle était sans rainurage, mais personne au gouvernement ne veut rien savoir». D'autres commentateurs n'excluaient pas un problème de freinage de l'avion ou une erreur du pilote sur son lieu d'atterrissage.

Ouverture d'une enquête

Le ministère brésilien de la Justice a ordonné mercredi soir l'ouverture d'une enquête pour déterminer si la piste principale de l'aéroport de Congonhas à Sao Paulo respectait les normes de sécurité.
Le ministre de la Justice, Tarso Genro, a demandé à la police fédérale de vérifier que cette piste avait été autorisée pour le trafic aérien «dans le cadre des normes techniques et légales de sécurité», indique un communiqué officiel.

La piste principale de Congonhas, longue de 1.900 mètres, avait été rouverte au trafic aérien le 29 juin dernier, après 45 jours de travaux de rénovation.