Un migrant afghan abattu en essayant d'entrer illégalement en Bulgarie

FAITS DIVERS Il s'agit du premier cas de tir mortel depuis le début de la crise migratoire qui touche l'Europe...

20 Minutes avec AFP

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Un soldat bulgare à la frontière entre la Turquie et la Bulagrie, le 26 août 2015.
Un soldat bulgare à la frontière entre la Turquie et la Bulagrie, le 26 août 2015. — NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

Un migrant afghan a été abattu par des gardes-frontières bulgares jeudi soir en essayant d’entrer illégalement en Bulgarie depuis la Turquie, a annoncé le ministère de l’Intérieur bulgare. Le drame, qui coïncide avec l’adoption à Bruxelles d’un « plan d’action commun » entre l’UE et la Turquie pour endiguer les flux migratoires, est le premier cas connu de tir mortel de forces de l’ordre depuis le début de la crise qui a vu affluer des centaines de milliers de migrants en Europe. La victime faisait partie d’un groupe de 54 migrants repérés vers 19h GMT (21h à Paris) par une patrouille sur la route près de la ville de Sredets (sud-est), à proximité de la frontière bulgaro-turque, a annoncé Gueorgui Kostov, un haut responsable du ministère de l’Intérieur.

Le président bulgare Rossen Plevneliev a déploré vendredi un « incident tragique qui marque une date dans la grave crise migratoire en Europe, me donne l'occasion d'appeler à des mesures européennes communes rapides », a-t-il déclaré dans un communiqué. 

«Blessé par le ricochet d'une balle»

Ils « n’avaient pas obéi » à un ordre de s’arrêter de la patrouille de la police, a-t-il précisé. « Aucun des migrants n’était armé, mais ils ont fait preuve de résistance. »

Interpellés, ils se sont présentés comme des Afghans mais n’avaient pas de papiers, a-t-il ajouté.

La patrouille ayant tiré en l’air sans intention de toucher quelqu’un, « un des migrants a été blessé par un ricochet d’une balle - selon les dépositions d’un des trois policiers - et a succombé à ses blessures sur la route vers l’hôpital », indique le ministère.

Un incident «très regrettable»

Des interrogatoires des migrants doivent démontrer « si ces hommes âgés de 20 à 35 ans qui ont traversé pendant la nuit un site frontalier abrupt et difficile d’accès n’appartiennent pas à un groupe menaçant la sécurité nationale », a déclaré Gueorgui Kostov.

Le porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (UNHCR) en Bulgarie, Boris Cheshirkov, a qualifié l’incident de « très regrettable ».

« Ce plan de barrières, clôtures et forces policières ne peut pas résoudre le problème de gens désespérés », a-t-il déclaré, rappelant un appel du HCR à la Bulgarie, lancé le printemps dernier, de ne pas refouler les migrants.

Le Premier ministre obligé de quitter le sommet européen

Il a confirmé qu’il s’agissait du premier cas de tir mortel des forces de l’ordre contre un migrant aux frontières de l’UE.

Le drame a conduit le Premier ministre bulgare Boïko Borissov à quitter d’urgence jeudi soir le sommet de Bruxelles sur les migrations. Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré avoir été informé de l’incident par Borissov avant son départ.

« Cela montre à quel point notre discussion était importante. Le Premier ministre Borissov sait que nous sommes prêts à aider (…) à rétablir le contrôle sur nos frontières extérieures », a-t-il souligné, interrogé par un journaliste bulgare.

Membre de l’Union européenne mais pas de l’espace Schengen de libre circulation, la Bulgarie reste en marge du principal flux de migration vers l’Europe occidentale qui passe par la Grèce, la Macédoine et la Serbie.

Le pays a cependant vu transiter plusieurs dizaines de milliers de migrants depuis le début de l’année. Sofia a fait ériger une clôture de 30 km sur une section de la frontière avec la Turquie et a mobilisé quelque 2.000 policiers, ainsi que des militaires, aux frontières.