L'Europe met la pression sur la Turquie pour freiner le flux migratoire

IMMIGRATION L'Union européenne veut passer un accord avec la Turquie, porte d'entrée, pour que le pays jugule le flot de migrants...

20 Minutes avec AFP

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Le Président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Ankara le 13 octobre 2015.
Le Président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Ankara le 13 octobre 2015. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Limiter l’arrivée de migrants. Les dirigeants des 28 pays membres de l’Union européenne finalisent jeudi à Bruxelles leur offensive diplomatique pour tarir les flux migratoires à la source. Et la Turquie est dans le viseur de l’Union européenne, porte d’entrée des migrants vers l’Europe. L’UE doit aider la Turquie « à prendre soins des réfugiés » et à parvenir à « une meilleure surveillance des frontières maritimes » du pays avec la Grèce, a lancé la chancelière Angela Merkel devant la chambre des députés à Berlin, avant de partir pour Bruxelles. Il n’est pas acceptable que l’espace maritime entre la Turquie et la Grèce soit actuellement « aux mains des passeurs », a martelé Angela Merkel.

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De nouveaux morts en mer

La traversée en mer Egée, route favorite des réfugiés syriens et irakiens pour gagner l’Europe, a une nouvelle fois été endeuillée par la mort d’une femme, d’un nourrisson et d’une fillette, au large de Lesbos mercredi. Jeudi, huit personnes étaient portées disparues après la collision entre une embarcation en bois, chargée d’une quarantaine de migrants, et un patrouilleur grec au large de la même île grecque. Deux commissaires européens sont à Ankara pour des entretiens avec le président Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre Ahmet Davutoglu sur un « plan d’action » proposé par Bruxelles, qui espère notamment convaincre les dirigeants turcs d’ouvrir de nouveaux centres d’accueil de réfugiés.

Une aide financière

Le président du Conseil européen Donald Tusk, maître d’oeuvre du sommet, a évoqué des « concessions » face à Ankara. Mais il a réclamé jeudi « des garanties que la réponse de la Turquie à notre offre sera aussi substantielle et concrète que la nôtre », et redit sa crainte, au printemps prochain, d'« une nouvelle vague qui sera peut-être plus grosse que la vague actuelle » Depuis le début de l’année, plus de 700.000 migrants sont entrés dans l’UE, selon l’agence Frontex. Dans son discours jeudi au Bundestag, Merkel --qui doit se rendre dimanche en Turquie, moins de quinze jours avant les législatives prévues dans ce pays-- a prévenu que son pays ne se laisserait pas forcer la main dans les négociations avec Ankara, qui réclame en échange une politique plus souple d’octroi de visas européens aux citoyens turcs. Les Européens sont prêts à discuter de cette « carotte », même si elle provoque « des sueurs froides dans certains Etats membres », selon un diplomate.

L’adhésion de la Turquie à l’UE au point mort

« Il faudra déclarer notre accord de principe pour ouvrir d’autres chapitres dans le processus d’adhésion » de la Turquie à l’UE, au point mort actuellement, a aussi lancé mercredi Jean-Claude Juncker, alors que Berlin et de nombreuses autres capitales y sont opposées. Outre une aide financière proposée, les Européens ont également voulu faire preuve de bonne volonté en acceptant de discuter de la « zone de sécurité » que le président Erdogan appelle de ses voeux le long de sa frontière avec la Syrie. Mais « la présence et l’activité russes en Syrie montrent à quel point cette zone de sécurité sera difficile », a prévenu Donald Tusk, rappelant que « la Russie est très clairement contre cette idée ».

Discussions également avec les pays africains

La mise en place d’un corps européen de gardes-frontières pour améliorer le contrôle aux frontières extérieures de l’Union sera également abordée. Le sommet va également rappeler la coopération que l’UE veut instaurer avec les pays de la « Route des Balkans », empruntée par les réfugiés, et plus loin, avec l’Afrique. Dans leurs négociations avec les pays africains, les dirigeants européens vont entériner le principe du « more for more » (plus pour plus) : s’ils veulent plus d’aide, ces pays doivent davantage faciliter le retour sur leur sol des migrants économiques renvoyés par l’UE. Le sujet sera au coeur du sommet de La Vallette, qui réunira l’UE et des pays africains à Malte les 11 et 12 novembre.

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