Biélorussie : Le fils d’Alexandre Loukachenko est déjà une personnalité politique à 11 ans

MONDE Kolia pourrait être le successeur désigné de son père…

A.Ch. avec AFP
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Kolia Loukachenko et son père aux obsèques d'Hugo Chavez, le 8 mars 2013.
Kolia Loukachenko et son père aux obsèques d'Hugo Chavez, le 8 mars 2013. — AFP PHOTO/PRESIDENCIA/MIGUEL ANGEL ANGUL

Beau parcours pour Nikolaï, alias Kolia : à onze ans, il a déjà siégé à l'ONU, rencontré Barack Obama, le pape Benoît XVI, le président chinois Xi Jinping et l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez. Le fils d'Alexandre Loukachenko, réélu ce dimanche pour un cinquième mandat à la tête de la Biélorussie après 21 ans au pouvoir, alimente les spéculations: est-il le successeur désigné pour diriger le pays ou utilisé  pour adoucir l'image d'autocrate de son père ?

Relation fusionnelle

En septembre, la photo du président biélorusse et de son fils aux côtés du président américain et de sa femme Michelle, a fait le tour des réseaux sociaux, notamment en Biélorussie. Auparavant, la présence de l'enfant dans les rangs de la délégation biélorusse à l'ONU avait également fait du bruit. Et dimanche lors de la présidentielle, c'est encore lui qui accompagnait son père et glissait dans l'urne le bulletin de vote.

La relation fusionnelle qu'entretient Alexandre Loukachenko avec son troisième fils est l'un des sujets les plus débattus en Biélorussie. Le chef de l'Etat a reconnu que Kolia était son troisième fils, conçu avec son médecin personnel, Irina Abelskaïa, et non avec sa femme Galina. Cette dernière est la mère de deux autres fils bien plus âgés: Viktor, 39 ans, conseiller auprès du président sur les questions de sécurité nationale, et Dmitri, 35 ans, qui dirige le club sportif présidentiel. L'existence de Kolia n'a été révélée qu'à ses trois ans, selon le site internet Partisan Bélarus.

Un sujet de plaisanterie

L'enfant est déjà connu pour le dédain dont il fait preuve à l'égard du petit personnel ou même de ses propres grands frères En 2008, le chef de l'Etat déclarait au journal populaire russe Komsomolskaïa Pravda que Kolia, alors âgé de quatre ans, ne se laissait nourrir et habiller que par son père.. Le journal d'opposition Belgazeta a récemment relevé que des images de la télévision publique montraient Kolia « faisant un geste étrange, avec une sorte de dédain, à ses grands frères Viktor et Dmitri » lors d'une cérémonie religieuse.

Depuis, l'enfant est devenu un sujet de plaisanterie. Mais de nombreux experts et la population biélorusse en général pensent qu'il est l'héritier appelé à diriger le pays quand son père aura passé la main. En 2012, Alexandre Loukachenko n'avait-il pas lui-même dit à Hugo Chavez qu'il y avait là « la personne qui prendra la suite de notre coopération dans 20 à 25 ans » ? Mais certains journalistes attribuent les apparitions répétées d’Alexandre Loukachenko avec son fils à une tout autre stratégie: suivre les conseils de communication donnés par le réalisateur britannique Timothy Bell, embauché en 2008 pour adoucir l'image de « dictateur » du président.

Certains Biélorusses estiment que le comportement du président Loukachenko à l'égard de son fils n'est pas normal et qu'il pourrait avoir des conséquences psychologiques désastreuses pour l'enfant. « Je pense qu'il s'agit d'un cas classique de paranoïa », résume, lapidaire, l'opposant numéro un au régime Mikola Statkevitch.