Une femme en pleurs après l'attentat meurtrier d'Ankara, le 9 octobre 2015
Une femme en pleurs après l'attentat meurtrier d'Ankara, le 9 octobre 2015 — Depo Photos/AP/SIPA

TERRORISME

Attentat en Turquie: L'unité menacée du peuple turc sur toutes les lèvres

La classe politique réagit avec inquiétude après les explosions qui ont touché Ankara...

Ce qui devait être un défilé pour la paix s’est transformé samedi matin en bain de sang. Alors qu’une manifestation pro-kurde allait parcourir les rues de la capitale turque, deux explosions ont semé la mort dans la foule des participants. 86 personnes ont perdu la vie dans l’attentat et 186 autres ont été blessées dans la déflagration. Horrifiée et inquiète, la classe politique a réagi pour condamner l’attaque, apporter son soutien aux victimes, mais aussi partager son inquiétude sur l’union de la Turquie.

Cet attentat vient en effet souffler sur les braises du conflit kurde, déjà ravivées par les affrontements récents entre le PKK et l’armée turque dans l’Est et une menace de guerre civile bien réelle.

L’unité du pays en jeu

Les déclarations qui font suite à l’attentat d’Ankara du gouvernement turc montre, même si l’AKP au pouvoir joue un trouble jeu, combien un possible délitement du pays est pris au sérieux au plus haut niveau de l’Etat. Le président turc Reçep Erdogan a condamné une « attaque haineuse » et a pris soin de rappeler son attachement à l'« unité et à la paix » de la Turquie. Il a aussi rappelé que c’est la « fraternité et l’avenir » de son pays qui étaient visés par les poseurs de bombes.

Tandis que le ministre l’Intérieur, Selami Altinok, a dénoncé devant les journalistes, un « acte terroriste visant l’Etat, la démocratie et le peuple ».

L’Union européenne inquiète

Dans son communiqué de condamnation de l’attaque, l’Europe, par la voix de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, a clairement manifesté son inquiétude face au risque d’une reprise d’un conflit de haute intensité entre l’armée et le PKK. Après ce troisième attentat contre les Kurdes depuis le mois de juillet et la très meurtrière explosion dans la ville de Suruç, l’union européenne rappelle que « Le peuple turc et toutes les forces politiques doivent rester unis face aux terroristes et contre tous ceux qui tentent de déstabiliser le pays, qui fait face à de nombreuses menaces ».

François Hollande a lui condamné un « odieux attentat », tandis qu’à Berlin, Angela Merkal a demandé aux Turcs de ne pas céder au « climat de peur et d’intimidations », avant les élections législatives anticipées qui doivent se tenir dans trois semaines. La chancelière allemande a dénoncé « un acte particulièrement lâche, dirigé directement contre les droits civiques, la démocratie et la paix ».