Tirs de «katioucha» au Liban-Nord

REPORTAGE Les affrontements ont pris une nouvelle tournure...

De notre correspondant à Beyrouth, David Hury

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Six soldats libanais ont été tués jeudi dans les combats qui opposent l'armée aux islamistes du Fatah al-Islam, retranchés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, a annoncé à l'AFP un porte-parole de l'armée.
Six soldats libanais ont été tués jeudi dans les combats qui opposent l'armée aux islamistes du Fatah al-Islam, retranchés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, a annoncé à l'AFP un porte-parole de l'armée. — Joseph Barrak AFP

Les affrontements entre le groupuscule jihadiste du Fatah al-Islam et l’armée libanaise au camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared ont pris une nouvelle tournure ces dernières 48 heures.

Les combattants retranchés dans la partie ancienne du camp ont tiré une quinzaine de roquettes de type Katioucha (les mêmes que celles utilisées habituellement par le Hezbollah contre le nord d’Israël). Ces roquettes sont tombées sur des villages et des vergers de la région de Tripoli, faisant un mort, quelques blessés et des dégâts légers, selon les autorités libanaises.

Mouvement basé en Syrie

Geste désespéré ou avertissement final: il est difficile d’interpréter le recours à ce type d’armement et de définir son mode d’acheminement après 7 semaines de combats. Des sources sécuritaires libanaises ont affirmé ce matin que les combattants du Fatah al-Islam auraient été rejoints par d’autres issus du FPLP-CG d’Ahmad Jibril, un mouvement palestinien basé en Syrie, et mis en cause dans plusieurs attentats dont l’assassinat du ministre de l’Industrie Pierre Gemayel le 21 novembre dernier.

Ces tirs inédits interviennent alors que l’armée libanaise accentue la pression sur le camp depuis trois jours. Jeudi matin, celle-ci a permis à 150 réfugiés de quitter le camp avant de pilonner intensivement les positions du Fatah al-Islam dans l’après-midi. Jour après jour, le camp des allures de champ de ruines. Le retour des 30.000 civils palestiniens, qui se sont en grande partie réfugiés dans le camp voisin de Beddawi, semble très incertain.

Cela fait maintenant 56 jours que l’armée régulière combat ces miliciens proches de l’idéologie d’Al-Qaida. Les affrontements ont débuté le 20 mai dernier après le braquage d’une banque et des attaques contre des barrages de l’armée libanaise. Le bilan provisoire s’élève à près de 100 soldats libanais tués (dont 12 ces dernières 72 heures), au moins 75 combattants du Fatah al-Islam (dont 20 depuis jeudi) et une vingtaine de civils palestiniens.