Poutine suspend sa participation à un traité limitant le déploiement d'armes

RUSSIE Le Traité sur les Forces conventionnelles en Europe n'est plus respecté par le Kremlin...

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Le président russe Vladimir Poutine a proposé le 2 juillet de créer un système de défense antimissile élargi pour l'Europe et associant l'Otan. Une offre jusqu'ici refusée par son homologue américain George W. Bush.
Le président russe Vladimir Poutine a proposé le 2 juillet de créer un système de défense antimissile élargi pour l'Europe et associant l'Otan. Une offre jusqu'ici refusée par son homologue américain George W. Bush. — Jim Watson AFP

Relents de guerre froide. Le président russe Vladimir Poutine a signé un décret suspendant l'observation par la Russie du Traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) qui limite le déploiement d'armes, a annoncé samedi le Kremlin. Il entre en vigueur le jour de sa signature, indique le texte du décret diffusé par le Kremlin.

La Russie a menacé à plusieurs reprises de sortir de ce traité en raison du rapprochement de la présence militaire américaine de ses frontières, illustré notamment par le projet de déploiement d'un bouclier antimissile en Europe. Mais ce moratoire «ne veut pas dire que nous avons claqué la porte du dialogue», assure le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Attaque par surprise

La Russie a pris cette décision en raison du refus des pays de l'Otan de ratifier la version «adaptée» en 1999 à Istanbul du Traité, explique une annexe au décret citée par l'agence de presse Ria Novosti. Signé le 19 novembre 1990 à Paris entre l'Alliance atlantique (Otan) et le Pacte de Varsovie, entré en vigueur en 1992, le traité a été «adapté» en 1999 à Istanbul pour tenir compte de la disparition de l'URSS et du Pacte de Varsovie.

L'objectif du traité initial, alors que l'affrontement Est-Ouest prenait fin, était d'éliminer toute capacité de part et d'autre de lancer une attaque par surprise ou d'entreprendre une action offensive de grande envergure.

Le traité FCE n'est cependant toujours pas entré en vigueur dans sa forme révisée en raison de divergences entre l'Otan et la Russie. Les pays de l'Alliance atlantique refusent de ratifier la nouvelle version tant que Moscou n'aura pas retiré ses troupes de Géorgie et de Moldavie pour se conformer aux engagements pris à Istanbul.