Le nouveau canal de Panama ouvrira en 2016, malgré tous les problèmes rencontrés

MONDE Le projet d'élargissement du canal de Panama a déjà un an et demi de retard...

20 Minutes avec AFP

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Vue des travaux d'extension du Canal de Panama, le 5 octobre 2015 à Colon
Vue des travaux d'extension du Canal de Panama, le 5 octobre 2015 à Colon — RODRIGO ARANGUA AFP

La liste des problèmes est longue comme le bras. Entre les conflits sociaux, les litiges financiers et maintenant, les fissures... Le pharaonique chantier pour élargir le canal de Panama a connu bien des difficultés depuis 2007, mais ses promoteurs assurent qu'il sera enfin terminé dans six mois.

«Les travaux sont entrés dans la phase de compte à rebours», affirme le Groupement Unis pour le canal (GUPC), consortium en charge de l'essentiel des travaux.

Selon le GUPC, qui regroupe les groupes espagnol Sacyr, italien Salini Impregilio, belge Jan de Nul et panaméen Constructora Urbana, «95% du chantier est terminé et les tests sur les structures et les systèmes installés ont donné des résultats excellents dans tous les domaines».

Un message qui se veut rassurant

Le message se veut rassurant, après un énième soubresaut dans le plus grand chantier d'ingénierie au monde : l'apparition, révélée dans une vidéo apparemment tournée par des ouvriers, de fissures sur un mur d'une des nouvelles écluses, côté Pacifique.

Cette découverte avait fait craindre le pire pour ce projet qui compte déjà un an et demi de retard.

Mais le GUPC minimise l'incident, affirmant que les fissures seront comblées avec «un type spécial d'acier».

Le consortium «s'est engagé à répondre à l'ensemble des exigences du contrat» et à livrer la nouvelle voie «en avril 2016», a rappelé mardiJorge Quijano, l'administrateur du canal.

Des tests pendant au moins un mois

Toute une série de «tests sera effectuée durant au moins trois mois, avant de pouvoir passer aux ultimes essais impliquant la navigation de navires», a-t-il précisé.

«D'un point de vue technique, ces fissures ne doivent pas retarder la livraison des nouvelles écluses», assure Olmedo Garcia, directeur de l'Institut du canal de Panama, qui dépend de l'université nationale.

«Après (l'apparition des) fissures, une commission indépendante a effectué une révision et a conclu que ce n'était pas si grave», poursuit-il.

Conflits sociaux et financiers

Ce nouvel incident survient toutefois dans le cadre de travaux, débutés en 2007, qui ont depuis longtemps raté le rendez-vous initial d'une inauguration en 2014, censée coïncider avec le centenaire du célèbre canal.

Miné par les conflits sociaux et financiers, le chantier a explosé son budget initial, fixé à 5,25 milliards de dollars.

Le GUPC veut facturer les importants surcoûts, qu'il estime à au moins 2,39 milliards de dollars (environ 2 milliards d'euros), à l'Autorité du canal de Panama (ACP). Les deux parties ont soumis en mars leur dispute, qui avait conduit au blocage des travaux pendant 15 jours en 2013, à une procédure d'arbitrage international.

Une première procédure, en janvier 2015, avait obligé l'ACP à verser 234 millions de dollars supplémentaires au consortium.

Plus d'un million de navires passés par là

Sept mois plus tard, en août, un appel à la grève des ouvriers, qui faisait suite à de précédents arrêts de travail, avait fait planer un nouveau risque de retard sur le chantier, poussant le GUPC à concéder une augmentation des salaires pour éviter une énième paralysie du projet.

«Au total, ce sont près de 100 millions d'heures de travail qui ont été réalisées jusqu'ici», précise le consortium en charge de la réalisation des travaux.

Depuis son inauguration il y a un siècle, plus d'un million de navires ont croisé dans les eaux du canal de Panama, projet lancé par des Français puis repris par les États-Unis, qui en ont gardé la propriété jusqu'à sa rétrocession au Panama en 1999.

Aujourd'hui 5% du commerce maritime mondial transite par ce canal, long de 80 kilomètres.

Ses nouvelles écluses seront «fiables durant 100 ans», un engagement stipulé dans le contrat selon Olmedo Garcia.