Mesures d'austérité: Pourquoi le gouvernement Tsipras 2 doit accélérer la cadence

GRÈCE Les députés grecs sont appelés à voter cette nuit pour accorder leur confiance au nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras...

Laure Cometti

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à la Vouli, le 5 octobre 2015, à Athènes.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à la Vouli, le 5 octobre 2015, à Athènes. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

C’est un gouvernement grec pressé qui devrait obtenir dans la nuit de mercredi à jeudi le vote de confiance de la Vouli. Alors que le gouvernement Tsipras 1 avait été marqué par les désaccords avec Bruxelles, Tsipras 2 ne compte pas chômer pour appliquer à la lettre, et au plus vite, les mesures exigées par les créanciers de la zone euro, dans l’espoir de remporter la prochaine bataille, celle de la renégociation de la dette grecque.

Ce vote clôture trois jours de débat parlementaire sans réel enjeu, car le programme du gouvernement est défini par l’accord signé en août dernier avec les bailleurs de fonds.

L’évaluation imminente des créanciers

Les élections législatives anticipées du 20 septembre dernier ont fait prendre un léger retard au gouvernement hellène. Or le temps presse, comme l’a rappelé lundi le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Les représentants des créanciers de la zone euro se rendront d’ici la fin du mois à Athènes afin d’évaluer la mise en œuvre des réformes prévues dans l’accord sur le troisième plan de sauvetage.

 

Concrètement, les 86 milliards d’euros accordés par le Mécanisme européen de stabilité (MES) seront délivrés au compte-gouttes, au fur et à mesure qu’Athènes applique les objectifs du plan d’aide. Si cet examen est favorable, le pays recevra d’abord deux milliards d’euros, puis un milliard, en principe d’ici fin novembre. Depuis la signature de l’accord pour un troisième plan d’aide, Athènes a reçu 13 milliards d’euros de la zone euro, mais cette somme a surtout servi à rembourser la Banque centrale européenne.

Une cinquantaine de mesures «difficiles»

Au total, le site MacroPolis dénombre 49 mesures, parmi lesquelles le retardement de l’âge de départ à la retraite (de 65 à 67 ans). Quelques-unes de ces décisions permettent au gouvernement Syriza de ne pas totalement renier son programme initial, notamment la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.

En parallèle, la recapitalisation des banques grecques, qui dépendent du fonds de liquidité d’urgence européen (ELA) depuis la vague de fuite de capitaux survenue cet été, est aussi soumise au feu vert des créanciers. Une enveloppe de 15 milliards d’euros sera débloquée d’ici le 15 novembre, si le gouvernement Tsipras II fait adopter un budget 2015 « allégé » côté retraites et assorti d’une réforme de l’impôt sur le revenu et d’un durcissement de la fiscalité pour les agriculteurs.

Aller vite pour renégocier la dette

Le Premier ministre grec reconnaît qu’il s’agit de « décisions difficiles », mais indispensables pour rétablir la confiance avec les créanciers et donner à Athènes une marge de manœuvre pour ouvrir des discussions sur la renégociation de la dette grecque. Alexis Tsipras l’a répété samedi, il veut aller vite dans l’exécution des réformes. L’objectif est « de sortir de la tutelle » des créanciers à la fin du mandat du gouvernement, dans quatre ans. « Nous devons rapidement achever la première évaluation, afin que l’indispensable discussion sur la restructuration de la dette puisse commencer », a-t-il poursuivi.

La semaine dernière, lors de la 70e assemblée générale des Nations unies à New York, Alexis Tsipras a qualifié la dette publique de « défi international ». Mais alors que le Fonds Monétaire International (FMI) plaide en faveur de l'allègement de la dette grecque, l’Allemagne s’y oppose toujours fermement.