Le Pape démarre le synode sur la famille en condamnant le divorce

RELIGION Ce deuxième synode sur la famille, qui rendra ses conclusions le 25 octobre, s'ouvre dans une atmosphère tendue, après le coming out d'un haut dignitaire du Vatican samedi...

D.B. avec AFP

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Le pape lors de l'ouverture du synode sur la famille, le 04/10/2015.
Le pape lors de l'ouverture du synode sur la famille, le 04/10/2015. — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Homosexualité, montée du divorce, concubinage, catholiques remariés... Les thèmes à aborder ne manquent pas lors du synode sur la famille que le pape François a ouvert dimanche matin au Vatican, en célébrant une messe à la basilique Saint-Pierre.

Le pape a défendu dimanche l'indissolubilité du mariage et condamné le divorce en s'en référant à l'enseignement de Jésus, inaugurant sur un ton très sévère le synode des évêques sur la famille «dans un contexte social et matrimonial très difficile».

«Jésus, face à la demande rhétorique qui lui est faite - probablement comme un piège, pour le faire devenir tout à coup antipathique à la foule qui le suivait et qui pratiquait le divorce comme réalité enracinée et intangible-, répond de manière franche et inattendue : il fait tout remonter à l'origine de la création, pour nous apprendre que Dieu unit les coeurs de deux personnes qui s'aiment et les unit dans l'unité et l'indissolubilité (...) Jésus rétablit ainsi l'ordre qui était à l'origine».

Ne pas juger les autres

Sans jamais citer les personnes en situation «irrégulière», aux yeux de l'Eglise (divorcés, homosexuels, personnes vivant en union libre), François a par ailleurs rappelé le devoir de la miséricorde, condamnant «une Église aux portes closes, qui, au lieu d'être un pont, devient une barrière».

L'Eglise, a-t-il dit, ne doit «pas pointer du doigt pour juger les autres, mais se sentir le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l'huile de l'accueil et de la miséricorde».

Le pape, qui cite à deux reprises longuement son prédécesseur conservateur Benoît XVI, a fustigé la «solitude», citant «les personnes âgées, abandonnées même de leurs propres enfants ; les veufs et les veuves ; tant d'hommes et de femmes laissés par leur épouse ou par leur mari; tant de jeunes victimes de la culture de la consommation et du déchet»

«Beaucoup de plaisirs, mais peu d'amour»

«Paradoxalement aussi, l'homme d'aujourd'hui - qui ridiculise souvent ce dessein (du mariage) - reste fasciné par tout amour authentique. Nous le voyons suivre les amours temporaires, courir derrière les plaisirs de la chair, mais il désire la donation totale».

«Beaucoup de plaisirs, mais peu d'amour; beaucoup de liberté mais peu d'autonomie... Les personnes qui se sentent seules sont de plus en plus nombreuses, mais aussi celles qui se renferment dans l'égoïsme, la mélancolie, la violence destructrice et l'esclavage du plaisir et du dieu argent».

«Il semblerait, a-t-il fustigé, que les sociétés les plus avancées soient justement celles qui ont le taux le plus bas de natalité et le taux le plus élevé d'avortements, de divorces, de suicides et de pollution environnementale et sociale».

Ce deuxième synode sur la famille, qui rendra ses conclusions le 25 octobre, s'ouvre dans une atmosphère tendue, après le coming out d'un haut dignitaire du Vatican samedi, qui a révélé son homosexualité et dénoncé «l'homophobie institutionnalisée» de l'Eglise catholique. Mais paradoxalement, ce sujet sera probablement peu abordé lors des débats, certains prélats ne souhaitant même pas qu'il soit à l'ordre du jour.