Eurogroupe: Nicolas Sarkozy sera jugé sur pièces

BRUXELLES Toujours sur la brêche, le président français assiste même aux réunions des ministres des finances…

P. K. (avec AFP)

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Grâce à l'accord arraché samedi à l'aube, l'UE espère sortir enfin de sa crise institutionnelle à la mi-2009, sur la base d'un traité reprenant l'essentiel de la Constitution, mais les marchandages ayant permis le compromis laissent un goût amer aux plus pro-Européens.
Grâce à l'accord arraché samedi à l'aube, l'UE espère sortir enfin de sa crise institutionnelle à la mi-2009, sur la base d'un traité reprenant l'essentiel de la Constitution, mais les marchandages ayant permis le compromis laissent un goût amer aux plus pro-Européens. — Jacques Collet AFP

Le style tranche avec celui de son prédécesseur. Quand Jacques Chirac restait enfermé dans sa tour, donnant de temps en temps des leçons d‘Europe, Nicolas Sarkozy a choisi d’être partout, et tout le temps.

Après avoir animé le Conseil européen fin juin, où il a réussi à imposer l’idée d’un traité simplifié, Nicolas Sarkozy s’attaque lundi soir à l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des finances des pays de la zone euro.

Plus d’infos à venir sur l’intervention de Nicolas Sarkozy sur 20minutes.fr

Polis, ces derniers ne dégainent pas avant d’avoir rencontré le chef de l’Etat: «Nous attendons de voir ce que le président proposera en termes concrets» avant de juger, a expliqué une source diplomatique de la présidence de l’Union européenne. «On verra bien ce qu'il va dire exactement, quelles idées il proposera».

Il est vrai que la tâche de Nicolas Sarkozy n’est pas facile. Il doit expliquer à ses partenaires européens pourquoi la France a décidé de repousser à 2012 le retour à l'équilibre de son budget, alors qu'elle s'était engagée en avril sur la date de 2010, dans une déclaration commune de l'Eurogroupe signée à Berlin.

Un «problème»

Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, avait expliqué la semaine dernière que cet accord n'était pas contraignant juridiquement, mais qu'il s'agissait néanmoins d'un fort engagement politique. L'Europe fera jouer «la pression des pairs» sur la France, avait-il indiqué. Peer Steinbrück, le ministre allemand des Finances, avait déclaré qu'il y aurait un «problème» si la France revenait sur ses engagements.

Si la décision française ne fait pas plaisir, le style «Sarko» pourrait aider à faire passer la pilule: «Que préfère-t-on? demande un diplomate français dans «Libération». Un Jean-Pierre Raffarin qui, en septembre 2003, dénonce les «équations comptables» des «bureaux bruxellois», ou un Nicolas Sarkozy qui vient s’expliquer avant même l’adoption du budget français?»

Sur tous les ronts, Nicolas Sarkozy pourrait profiter du déplacement pour proposer la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI.