Burkina Faso: Le président réhabilité après un accord entre putschistes et loyalistes

COUP D'ETAT Le pays se dirige vers une sortie de crise une semaine après un coup d'Etat...

N.Bg. avec AFP

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Des manifestants brandissent un drapeau du Burkina à Ouagadougou le 21 septembre 2015.
Des manifestants brandissent un drapeau du Burkina à Ouagadougou le 21 septembre 2015. — Theo Renaut/AP/SIPA

Comme une odeur de sortie de crise au Burkina Faso. Les putschistes burkinabè ont signé mardi soir un accord prévoyant un retour dans leur caserne et accepté de « rétablir » dans ses fonctions le président renversé par un coup d’Etat, comme demandé par la Cédéao qui dépêche mercredi une délégation à Ouagadougou.

Les chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao, réunis mardi en sommet extraordinaire au Nigeria, ont décidé de « dépêcher » mercredi une délégation de chefs d’Etat « pour rétablir Michel Kafando dans ses fonctions de président de la transition au Burkina Faso ». Ils ont également « appelé la garde présidentielle à déposer les armes et demandé aux autres unités de l’armée de ne pas faire usage de la force pour éviter des pertes en vies humaines ».

« C’est une décision de la Cedeao on n’y peut rien »

Michel Kafando a été libéré lundi par les putschistes après plusieurs jours de séquestration, et son Premier ministre Isaac Zida l’a été le lendemain. Kafando avait été renversé le 17 septembre par un coup d’Etat mené par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d’élite de l’armée burkinabè et garde prétorienne de l’ancien président Blaise Compaoré.

Ce putsch avait porté un brusque coup d’arrêt à l’organisation d’élections générales prévues en octobre, censées clore la période de transition ouverte par la chute de Blaise Compaoré en octobre 2014. Pour justifier leur coup de force, les soldats de la garde présidentielle réclamaient notamment que les anciens partisans de Compaoré puissent participer aux élections dont ils avaient été exclus par la transition.

Mardi soir, le chef des putschistes a confirmé se conformer au plan de la Cedeao : « Les chefs d’Etat (de la Cédeao), arrivent demain (à Ouagadougou) pour le (Kafando) remettre en selle », a affirmé le général Diendéré. « La Cedeao a décidé qu’on soit cantonné. Ça veut dire le retour de tous nos hommes qui sont dehors en caserne et de remettre l’armement dans les magasins. C’est une décision de la Cedeao on n’y peut rien », a-t-il ajouté.

Un accord sous l’égide du roi des Mossis

De leur côté, les commandants des unités loyalistes stationnées dans Ouagadougou n’ont pas hésité à montrer leur détermination, affirmant avoir « les moyens » d’attaquer le RSP. En soirée, les deux camps ont présenté un accord en cinq points pour « éviter un affrontement » chez le Mogho Naaba, roi des Mossis (ethnie majoritaire au Burkina Faso), autorité traditionnelle très respectée.

Parmi ces cinq points, le RSP s’engage à « accepter le cantonnement » et « céder les postes de garde » à Ouagadougou. Les forces « loyalistes » ont promis de « reculer les troupes de 50 km » et de « garantir la sécurité du personnel (du RSP) et de leurs familles ».

Les deux forces ont aussi accepté un « délai de 72 heures pour établir le point du matériel », c’est-à-dire de l’armement.