PROCHE-ORIENT

La libération de 250 prisonniers palestiniens approuvée

Le geste du gouvernement israélien se veut un geste de soutien pour le président Abbas...

Le cabinet israélien a approuvé dimanche la libération de 250 prisonniers du Fatah, le parti du président modéré Mahmoud Abbas. «Nous faisons ce geste dans l'espoir de renforcer de toutes les façons possibles les éléments modérés de l'Autorité palestinienne et de les encourager à s'engager dans une direction permettant de lancer de vraies discussions sur des arrangements» de paix, a déclaré le Premier ministre israélien Olmert.

Israël avait annoncé ces libérations de prisonniers lors du sommet de Charm el-Cheikh (Egypte) le 25 juin, après la prise de contrôle de la bande de Gaza par les islamistes du Hamas.

Le geste est le premier du genre depuis février 2005, quand Israël avait élargi 500 prisonniers, dans le but, là encore, de renforcer Abbas, alors tout juste élu.

Sang israélien sur les mains
Les noms des 250 détenus ne sont pas encore connus et la liste encore en discussion. Interrogée par l'AFP, la porte-parole d’Olmert a précisé que «les prisonniers libérables devront être membres du Fatah, ne pas avoir les mains souillées de sang israélien, et être des hommes qui peuvent contribuer à renforcer le camp des modérés chez les Palestiniens et favoriser la stabilisation de la vie quotidienne au sein de l'Autorité palestinienne».

 Israël pourrait toutefois tenir compte de considérations humanitaires telles que les conditions de santé ou la très longue détention de certains détenus pour assouplir ces critères. Une source du quotidien Haaretz pense que les critères de choix favorisent les prisonniers qui ont déjà effectué les deux tiers de leur peine. Mais si trop peu de détenus rentrent dans ces conditions, Israël fera preuve de souplesse, ajoute cette source.

Critiques palestiniennes
La liste des détenus palestiniens libérables doit être publiée sur Internet par l'autorité pénitentiaire et un délai de 48 heures doit être observé avant leur élargissement afin que d'éventuels recours puissent être présentés à la Cour suprême.

Les Palestiniens ont salué ce geste mais critiqué l'absence de coordination. «Une solution à la question des 10.000 prisonniers palestiniens ne passera pas par des mesures unilatérales et des gestes par ci par là», a critiqué le principal négociateur palestinien Saëb Erakat. Les Palestiniens exigent notamment la libération de personnalités importantes du mouvement palestinien, comme Marwan Barghouti, un haut responsable du Fatah, condamné à la prison à vie par Israël pour son implication dans cinq assassinats.

Côté israélien aussi, les libérations décidées sont critiquées : «Une libération de prisonniers ne va pas renforcer Abou Mazen, estime le ministre israélien des Transports Shaoul Mofaz, qui a voté contre l'élargissement des 250 détenus palestiniens, de même que six de ses collègues. Je pense qu'à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine, nous assisterons à une réconciliation entre lui et le Hamas».