VIDEO. Migrants: Le terme «Canadien de souche» fait polémique outre-Atlantique

CANADA Le Premier ministre Stephen Harper a utilisé l'expression en tentant de justifier son refus d'accueillir en masse des migrants syriens...

M.C. avec AFP

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Le Premier ministre canadien Stephen Harper au Québec, le 12 septembre 2015.
Le Premier ministre canadien Stephen Harper au Québec, le 12 septembre 2015. — Adrian Wyld/AP/SIPA

Au Canada, en pleine campagne électorale, le «Canadien de souche» fait polémique. L'expression, lâchée à un mois du scrutin législatif par le Premier ministre conservateur sortant, a immédiatement déclenché un tollé, vite exploité par ses adversaires, qui dénoncent une «citoyenneté à deux vitesses».

Déjà critiqué pour sa frilosité sur l'accueil de réfugiés et les nouveaux immigrants, le Premier ministre Stephen Harper a tenté de justifier, pour des raisons de sécurité, son refus d'accueillir en masse des migrants syriens. «Nous en accueillerons plus» mais des limites s'imposent, a-t-il lâché jeudi soir lors d'un débat télévisé face à Thomas Mulcair, leader du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), et Justin Trudeau, chef du parti libéral (centre). «Nous ne leur offrons pas une meilleure protection sociale que le Canadien moyen, a ajouté le chef des conservateurs. Je pense que c'est quelque chose avec lequel le néo-Canadien ou le Canadien de souche peut être d'accord.»

«Politique de division»

Il n'en fallait pas plus pour raviver les tensions sur la difficile question de l'identité, des libertés et des droits des citoyens. Tant Justin Trudeau que Thomas Mulcair ont accusé le chef du gouvernement sortant de mener une politique de division. «Stephen Harper a une nouvelle fois mis en avant qu'il ne croyait pas qu'un Canadien est canadien et qu'il existe différentes catégories de Canadiens», a lancé le chef du NPD.

Déjà la veille, Thomas Mulcair, fier de rappeler que sa femme était elle-même une immigrante, avait souligné que «le Canada (était) un pays d'immigrants». De son côté, Justin Trudeau a déploré «la politique de division» de Stephen Harper toujours prompt «à souligner les différences entre les Canadiens plutôt que de les rassembler».

«Canadien pure laine»

Sur les réseaux sociaux, le terme «Canadien de souche» -ou «pure laine» en québécois comme le note un internaute- a vivement fait réagir. Pour un homme de 45 ans s'affichant conservateur patriote, «Harper voulait dire Canadien de vieille descendance» par opposition à «néo-Canadien qui serait un nouvel arrivant... et au super Canadien de souche qui est un autochtone».

«Je ne sais pas si je suis une Canadienne de souche. Je suis blanche et mes parents ont immigré en 1957», écrit sur Twitter une blogueuse qui confie ne pas être conservatrice. Une autre se dit «néo-Canadienne et pas offensée que les citoyens de souche soient prioritaires».

Pressé de questions, Stephen Harper a tempéré ses propos en donnant pratiquement à tous ce qualificatif tant décrié. C'est, selon lui, «des descendants d'immigrants de première génération ou plus». Au-delà des racines générationnelles, la campagne a aussi rebondi sur le niqab (voile intégral) et son port lors de la cérémonie d'allégeance à la reine Elizabeth, chef d'Etat du Canada, dernier obstacle avant de devenir Canadien.