Législatives en Grèce: Qui est Vangelis Meïmarakis, le challenger surprise de Tsipras?

PORTRAIT Les Grecs se rendent aux urnes dimanche pour des législatives anticipées, et le leader du grand parti de droite, Nouvelle Démocratie, talonne Syriza...

B.D. avec AFP

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Vangelis Meïmarakis, le leader du parti de droite grec Nouvelle Démocratie, salue ses supporters lors d'un meeting pré-électoral à Athènes, le 17 septembre 2015.
Vangelis Meïmarakis, le leader du parti de droite grec Nouvelle Démocratie, salue ses supporters lors d'un meeting pré-électoral à Athènes, le 17 septembre 2015. — AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

Un mois après la démission d’Alexis Tsipras, la Grèce s’apprête à retourner aux urnes, dimanche, pour des législatives anticipées. Alors que la campagne électorale s’achève ce vendredi, les derniers sondages placent la gauche sortante Syriza et la droite de la Nouvelle Démocratie (ND) au coude-à-coude, avec moins d’un point d’écart. Face à un Tsipras qu’on ne présente plus, son rival conservateur, Evangélos Meïmarakis, fait figure d’inconnu. 20 Minutes fait les présentations.

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C’est un vieux briscard de la politique grecque

Son nom est peu familier aux Français, mais Evangélos Meïmarakis est bien connu des Grecs. Du haut de ses 61 printemps, le leader de ND, considéré comme l’un des politiciens grecs les plus durs-à-cuire, est un homme d’appareil : il a passé 41 ans au sein du grand parti de droite. Cet avocat de formation et fils d’un député de droite, se dit « à l’aile gauche des conservateurs ».

Député sans discontinuer depuis 1989, il a été secrétaire général de ND pendant cinq ans. Il a aussi été président du Parlement de 2012 à début 2015. Mais, si le benjamin Tsipras a moins d’expérience politique au compteur, il est tout de même considéré comme le plus apte à gouverner (37 % des sondés, contre 25 % pour Meïmarakis).

Il doit un peu son statut de leader de Nouvelle démocratie au hasard

S’il a toujours fait partie de ND, Meïmarakis a été propulsé à sa tête par un concours de circonstances : le 6 juillet dernier, il est nommé chef par intérim dans l’urgence, après la démission de l’ex-Premier ministre Antonis Samaras. Un congrès, prévu début 2016, devra désigner le nouveau leader.

Mais celui qui est surnommé « Vangelis », a su capitaliser sur sa bonne fortune : salué comme une force unificatrice par ses collègues conservateurs, il a remis le cap au centre et réussi à réduire l’écart avec Syriza. Et, s’il transforme l’essai dimanche, il n’aura aucune raison de quitter la tête du parti.

Il a son franc-parler

Ce grand moustachu au crâne dégarni emploie un vocabulaire familier, très proche du grec de la rue, et cultive un air débonnaire. Il n’hésite ainsi pas à marteler : « Je suis qui je suis, et les gens ne sont pas obligés de voter pour moi s’ils ne veulent pas. » Il y a quelques années, il a même menacé un député s’interrogeant sur son rôle dans des achats de sous-marins de lui « baiser la gueule ».

Lundi, lors d’un débat télévisé, cet orateur rusé et ne mâchant pas ses mots n’a pas hésité à traiter Alexis Tsipras de « petit menteur » qui a « détruit le pays », assénant : « Je ne veux plus jamais de vous comme Premier ministre. »

Il se pose en rassembleur

Malgré cette attaque contre Tsipras, le vétéran conservateur, qui semble vouloir appliquer à la Grèce tout entière ce qu’il prône depuis deux mois au sein de ND: il a promis de former une « équipe nationale avec tous ceux qui veulent y participer » pour gouverner, lors de son discours de clôture de campagne, jeudi à Athènes. Sans majorité absolue en vue, il appelle à une grande coalition avec Syriza, même s’il arrivait en tête de l’élection.

« Les Grecs veulent avant tout de la stabilité politique et la collaboration de leurs représentants pour reprendre le chemin de la croissance », a-t-il affirmé lundi. Une coalition Syriza-ND est d’ailleurs le scénario en tête des préférences des électeurs (35 % des sondés). Mais Alexis Tspiras l’a catégoriquement exclu, estimant qu’il s’agirait d’une alliance « contre nature ».