Pékin enfume un rapport sur la pollution

©2007 20 minutes

— 

chine pollution à Hunan
chine pollution à Hunan — no credit

Déterminée à montrer son meilleur profil avant les JO de Pékin en 2008, la Chine est prête à tout. Même à faire censurer près d'un tiers d'un rapport de la Banque mondiale sur « le coût de la pollution chinoise ».

Dans le passage incriminé, on apprend qu'environ 750.000 habitants meurent prématurément chaque année, la plupart à cause de la pollution de l'air dans les grandes villes.

Le rapport, que la Banque mondiale réalise en coopération avec les autorités chinoises depuis trois ans, établit également que 16 des 20 villes les plus polluées au monde se trouvent en Chine, carte à l'appui. C'en était trop, selon Pékin.

Pour éviter que ces aspects peu reluisants ne s'ébruitent, les autorités ont donc fait pression sur la Banque mondiale, laquelle a fini par retirer ces informations « à contre­coeur ».

De son côté, la Chine a justifié sa démarche en critiquant « certaines incertitudes sur les méthodes de calcul et leur application » et en avertissant sur le risque de provoquer des « émeutes » si ces informations, habituellement taboues, étaient communiquées.

Contactée, la Banque mondiale affirme que « les pays faisant l'objet de rapports ont le droit de contester les conclusions. Toutes les parties doivent être d'accord sur la méthodologie utilisée. Surtout sur les sujets sensibles. » Selon elle, « la Chine est consciente qu'elle a un gros problème de pollution ». Les discussions sont en cours pour convenir d'une version définitive du rapport, que la Banque mondiale espère pouvoir publier « prochainement ».

CO2
La Chine est devenue le principal émetteur mondial de CO2, selon l'ONU. En 2005, les Etats-Unis dépassaient la Chine de 2 %. Les émissions chinoises ont augmenté de 9 % en 2006.